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Rimouski: un commerce cesse la vente de cigarettes pour le bien-être de la population

10/06/2014 02:32 EDT | Actualisé 10/06/2014 02:32 EDT
Bloomberg via Getty Images
An employee checks finished John Player Special (JPS) cigarettes, manufactured by Imperial Tobacco Group Plc, at the company's factory in Nottingham, U.K., on Friday, Feb. 1, 2013. Imperial Tobacco Group Plc is Europe's second-biggest tobacco company and generates about 40 percent of its profit from the region. Photographer: Chris Ratcliffe/Bloomberg via Getty Images

Les propriétaires du Marché Claudin Malenfant de Rimouski ont cessé de vendre les produits du tabac dans le but, expliquent-ils, de contribuer à l'amélioration de la santé de la population.

L'un des propriétaires, Clément Lévesque, estime que son commerce perdra quelque 100 000 $ chaque année en cessant de vendre des cigarettes.

M. Lévesque croit toutefois qu'il est important de veiller à la santé publique. Il souligne que le fait d'être situé à proximité d'une école a influencé sa décision.

« Des jeunes sont en avant de nous. On les voit tout le temps [...] Il ne faut pas que les jeunes commencent à fumer », dit-il.

Pour son collègue copropriétaire, Alcide Lagacé, la vente de produits du tabac dans leur établissement était incompatible avec leur engagement social.

« On fait déjà des collectes de fonds pour l'Association du cancer et pour la Fondation du centre hospitalier. Nous travaillons beaucoup avec la santé et puis on vend du tabac. Pour nous, c'était comme aller à contre-courant. Il faut être conséquent avec nos actes », explique-t-il.

Cette décision s'explique également par la lourdeur administrative de la loi sur la commercialisation du tabac.

En juillet de l'année dernière, le Marché a été condamné à une amende de 550 $ assortie d'une interdiction de vendre des produits du tabac pendant un mois.

« Des adultes viennent chercher des paquets de cigarettes pour les jeunes et les revendent dehors. Pour nous, c'est inacceptable », ajoute M. Lagacé.

La vente de produits du tabac représentait un demi-million de dollars en chiffre d'affaires pour ce marché. Selon l'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec, c'est la première fois qu'un commerce du genre prend une telle décision.

« Il n'y a personne encore qui a arrêté d'en vendre. C'est évident que des détaillants qui se sont fait prendre en infraction peuvent se poser la question à un moment donné », affirme Yves Servais, de l'Association.

La décision saluée

Pour l'École L'Aquarelle, située juste en face du commerce, il s'agit d'une très bonne nouvelle, comme le souligne son directeur par intérim, Jean-Paul Doucet.

« C'est une belle implication sociale de leur part. Dans les écoles, présentement, nous valorisons les saines habitudes de vie. Ça vient appuyer tout ce qui se fait ici », ajoute le directeur.

Les quelques clients qui étaient au marché Malenfant lundi matin ont salué cette initiative.

« Je vais les encourager beaucoup plus parce qu'ils ne vendent plus de tabac [...] On va compenser leur perte », a lancé un Rimouskois.

Pour sa part, l'Association du cancer de l'Est-du-Québec félicite ces commerçants pour ce geste inusité et volontaire de la part d'une entreprise privée. Elle ne se berce pas d'illusions, toutefois, quant à la possibilité que d'autres commerces emboîtent le pas.

« Nous sommes conscients que l'on fait partie d'une société qui permet le libre commerce », dit le directeur général, Gilbert Laprise.

D'après le reportage d'Harold Michaud.

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