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Pillay, "perturbée" par les scores de l'extrême-droite au Parlement européen (ONU)

10/06/2014 04:52 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Navi Pillay s'est dite "perturbée" mardi par les scores de l'extrême-droite au Parlement européen, dénonçant le "discours d'incitation à la haine" de certains chefs de partis comme en France et en Allemagne.

"Je suis perturbée par l'augmentation récente (...) dans plusieurs Etats d'Europe occidentale d'un discours ancrée dans la haine des migrants, le racisme et l'intolérance religieuse", a déclaré Mme Pillay, lors de la présentation de son dernier rapport devant le Conseil des droits de l'Homme.

"Le nouveau Parlement européen comprendra le dirigeant d'un parti allemand qui a dit que +l'Europe est un continent de gens blancs et doit le rester+", a déploré Mme Pillay, en référence aux propos tenus par le candidat candidat du Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD), Udo Voigt.

Il comprendra aussi, a-t-elle dénoncé, "un dirigeant d'un parti français qui a comparé la prière pacifique des musulmans dans les rues à l'occupation militaire de son pays par les Nazis", en référence à Marine Le Pen, présidente du Front National en France.

Et il comprend, a-t-elle conclu, "un représentant italien qui a été accusé d'avoir mis feu aux palettes où dormaient des migrants sous un pont".

"Il y a une route qui mène aux violations des droits de l'Homme, et les discours d'incitation à la haine - en particulier ceux des dirigeants politiques - se trouvent sur cette route", a-t-elle relevé.

Mme Pillay, qui se retire le 1er septembre et sera remplacée par le prince Zeid al-Hussein, actuel ambassadeur de Jordanie auprès des Nations unies, a également dénoncé les "attaques violentes basées sur la religion ou l'ethnie", citant la tuerie au Musée juif de Bruxelles le 24 mai.

Elle a estimé que de telles attaques "sont liés à ce climat d'extrémisme" en Europe, et a espéré que des campagnes d'éducation sur les droits de l'Homme "permettront de lutter contre cette tendance alarmante".

Les élections européennes du 25 mai ont été marquées par une forte poussée de l'extrême-droite, illustrée par le triomphe du FN en France où il a provoqué un séisme politique en devenant le premier parti du pays.

Le FN a en effet obtenu un score historique, arrivant largement en tête avec près de 25% des voix.

En Allemagne, qui envoie le plus fort contingent d'élus au Parlement européen, les conservateurs (CDU/CSU) de la chancelière Angela Merkel sont arrivés en tête, mais Udo Voigt est le premier élu néonazi allemand à faire son entrée au Parlement européen.

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