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Mondial-2014: "Qatargate" au congrès Fifa et menaces de grèves

10/06/2014 02:53 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT

La Fifa entame mardi un congrès tendu à Sao Paulo où son président Joseph Blatter arrive fragilisé par les accusations de corruption autour du Mondial-2022 au Qatar, dans un Brésil sous la menace de grèves à 48 heures du coup d'envoi du Mondial.

Les employés du métro de Rio de Janeiro, où se disputeront sept matches dont la finale le 13 juillet, ont menacé lundi de prendre le relais de leurs collègues de Sao Paulo qui ont suspendu la veille leur mouvement mais pourraient le reprendre pour le match d'ouverture Brésil-Croatie.

Le 64e Congrès de la Fifa s'ouvre en fin d'après-midi (17h00 locales, 20h00 GMT), sur fond de campagne pour la présidence et surtout de polémiques concernant l'attribution du Mondial-2022 au Qatar.

La campagne du président de la Fifa Joseph Blatter, préparant le terrain pour annoncer sa candidature à un cinquième mandat, avait des allures de promenade de santé, jusqu'à ce mardi, où l'UEFA est devenu un caillou dans sa chaussure.

Le président de la Fédération néerlandaise de football Michael Van Praag a demandé publiquement à M. Blatter de ne pas se représenter. "J'ai dit au micro: +je vous aime beaucoup, vous connaissez ma femme (rires), n'y voyez rien de personnel, mais la réputation de la Fifa est aujourd'hui indissociable de la corruption, la Fifa a un président, vous êtes responsable, vous ne devriez pas vous représenter, ce n'est pas bon pour la Fifa", a-t-il confié.

"Montrer l'unité au sein de la Fifa et confirmer cette unité, c'est la meilleure façon de répondre à tous les destructeurs qui veulent détruire l'institution", avait déclaré lundi M. Blatter devant les membres de la Confédération asiatique (AFC), dont fait partie le Qatar.

Dans des discussions séparées avec les représentants de la Confédération africaine (CAF), Joseph Blatter avait estimé que les critiques visant le Qatar et la façon dont il aurait obtenu l'organisation de la Coupe du monde 2022 étaient motivées par "le racisme".

La soirée inaugurale sera marquée mardi par le discours de "Sepp" Blatter. Mais les représentants des 209 fédérations devraient attendre mercredi avant d'entrer dans le vif du sujet.

Les accusations de corruption qui visent l'attribution du Mondial-2022 au Qatar inquiètent les sponsors.

Le groupe brassicole AB InBev qui produit la Budweiser, l'un des parrains de la Coupe du monde, s'est dit "préoccupé" lundi, emboîtant ainsi le pas à Adidas, Sony, Visa, Coca Cola et Huyndai qui ont souhaité que toute la lumière soit faite sur ces allégations de corruption, néfastes pour leur image.

Un enquêteur de la Fifa, Michael J. Garcia, ancien procureur fédéral de New York, doit intervenir pour "faire le point" sur les activités du comité d'éthique indépendant mais ne dévoilera pas ses résultats.

Il a achevé lundi sa phase d'investigation mais se donne encore six semaines pour remettre son rapport à la chambre de jugement du comité d'éthique indépendant de la Fifa.

Un autre sujet, qui n'était pas à l'agenda, fera parler parmi les congressistes: l'élection à la présidence de la Fifa, qui se tiendra dans un peu moins d'un an, le 29 mai 2015 à Zurich. Le patron suisse de la Fifa, 78 ans, en poste depuis 1998, devrait en profiter pour annoncer sa candidature, mardi soir en ouverture ou mercredi lors du congrès proprement dit.

- Dernières équipes en route -

Michel Platini, président de l'UEFA, devrait attendre le mois août pour se positionner.

Hors des murs du congrès de la Fifa, dans les rues brésiliennes, le terrain social s'est pacifié après la suspension lundi soir de la grève du métro qui semait le chaos dans la mégapole depuis jeudi dernier.

Mais le répit pourrait être de courte durée. D'abord parce que le mouvement risque de reprendre dès jeudi, date de la rencontre Brésil-Croatie prévue à 17h00 locales (20h00 GMT) si les 42 grévistes licenciés de Sao Paulo ne sont pas réintégrés.

Ensuite parce que ce sont maintenant les employés du métro de Rio de Janeiro, utilisé chaque jour par 800.000 cariocas, qui menacent d'entrer en grève à leur tour, à l'issue d'une assemblée générale prévue à 18H00 (21H00 GMT).

Le syndicat négocie une augmentation de salaires de 22 à 23% et la baisse du ticket de métro qui, "à 3,50 reais (1,15 euros), est le plus cher du pays".

La pression est donc forte sur les autorités brésiliennes qui veulent à tout prix éviter, en plein Mondial et à cinq mois d'élections générales, une réédition des manifestations d'une ampleur historique qui avaient accompagné la Coupe des Confédérations en juin 2013.

L'imminence du coup d'envoi de l'événement est palpable. Les drapeaux "auriverde" s'installent aux fenêtres et les dernières équipes arrivent. La Belgique et le Nigeria sont attendues mardi, alors que la Corée du Sud, le Ghana et le Portugal débarqueront mercredi. Pour braquer leur regard vers Sao Paulo.

bur-pga/pal/fbx

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