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Discussions Japon-Australie mercredi pour renforcer la coopération militaire

10/06/2014 04:43 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

Le Japon et l'Australie se rencontrent mercredi à Tokyo pour discuter diplomatie, économie et surtout défense, alors que la Chine pose avec ses ambitions maritimes un défi aux deux pays alliés.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays, respectivement Fumio Kishida et Itsunori Onodera d'un côté, Julie Bishop et David Johnston de l'autre, vont notamment aborder la possibilité d'un transfert de technologie japonaise en matière de sous-marins, au moment où Canberra songe à remplacer sa flotte de sous-marins furtifs, un budget d'environ 37 milliards de dollars sur plusieurs années.

Tous deux alliés des Etats-Unis, l'Australie et surtout le Japon s'inquiètent de la montée en puissance militaire de la Chine, notamment en mer de Chine orientale et méridionale. D'autant que le budget militaire annuel de Pékin connaît une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années.

En avril dernier, juste après avoir signé un accord commercial et de sécurité avec le Japon, le Premier ministre australien Tony Abbott avait toutefois bien pris soin de dire que des liens bilatéraux renforcés en matière de défense ne visaient pas un pays en particulier.

Durant la réunion de Tokyo dite "2+2", le ministre australien de la Défense se fera présenter les sous-marins japonais.

Un accord à terme dans ce domaine pourrait être grandement facilité par le fait que début avril le Japon a levé l'interdiction de vendre des armes à l'étranger qu'il s'est imposé pendant près d'un demi-siècle.

Désormais Tokyo pourra par exemple exporter du matériel militaire - il préfère parler de matériel de défense, un terme moins martial - à des pays qui se situent le long de voies maritimes par lesquelles transitent les indispensables et vitales importations de pétrole et de gaz du Japon.

Le Premier ministre conservateur japonais Shinzo Abe veut également que l'armée nippone puisse jouer un plus grand rôle extérieur pour éventuellement aider des alliés, et ne plus être exclusivement cantonnée à de l'auto-défense conformément à la constitution pacifiste imposée en 1947 par les Etats-Unis à l'empire vaincu.

Depuis qu'il est arrivé au pouvoir en décembre 2012, Shinzo Abe n'a par ailleurs eu de cesse de renforcer les liens du Japon avec tous les Etats "entourant" la Chine, pays avec lequel les relations sont exécrables depuis presque deux ans en raison d'un conflit territorial en mer de Chine orientale.

Le chef du gouvernement japonais s'est ainsi rapproché de la Russie de Vladimir Poutine, de l'Inde, ainsi que des dix pays membres de l'Association des Nations d'Asie du sud-est (Asean).

Comme le Japon en mer de Chine orientale, quatre pays membres de ce groupe - Brunei, Malaisie, Philippines et Vietnam - ont des différends territoriaux avec la Chine, cette fois en mer de Chine méridionale, espace maritime que Pékin revendique quasiment en totalité.

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