NOUVELLES

Soudanaise condamnée à mort: un comité de 3 juges pour examiner l'appel

09/06/2014 01:35 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

Un comité de trois juges a été formé pour examiner l'appel d'une Soudanaise chrétienne contre sa condamnation à mort pour apostasie, un verdict qui a soulevé un tollé international, a annoncé lundi son avocat.

"Le pouvoir judiciaire a désigné la semaine dernière trois juges pour examiner l'appel présenté dans l'affaire de Meriam Yahia Ibrahim Ishag", a déclaré à l'AFP Me Mohannad Moustapha, tout en précisant ignorer quand la décision de ce comité serait annoncée.

Née d'un père musulman, Meriam Yahia Ibrahim Ishag a été condamnée à mort le 15 mai par une cour criminelle en vertu de la loi islamique en vigueur qui interdit les conversions. Cette Soudanaise de 27 ans a accouché fin mai d'une fille en prison.

Mariée à un chrétien et déjà mère d'un garçon de 20 mois, elle a également été condamnée à 100 coups de fouet pour "adultère", car selon l'interprétation soudanaise de la charia, toute union entre une musulmane et un non-musulman est considérée comme un "adultère".

L'avocat a affirmé lui avoir rendu visite lundi à la prison pour femmes d'Oumdourman, ville jumelle de la capitale Khartoum, où elle est détenue. Son garçon et son nouveau-né, qui est "en bonne santé", selon M. Moustapha, sont avec elle.

Le cas de cette soudanaise a mis dans l'embarras les autorités soudanaises qui ont fait des déclarations contradictoires la semaine dernière sur sa prochaine libération, et a soulevé l'indignation des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne, ainsi que des ONG de défense des droits de l'Homme.

Selon des experts, les autorités sont prises en tenailles entre des mouvements islamistes radicaux qui veulent l'exécution de la jeune femme chrétienne et la pression de l'étranger qui appelle à sa libération.

Son époux, Daniel Wani, est un ressortissant américain originaire du Soudan du Sud. Meriam Yahia Ibrahim Ishag a refusé d'abjurer sa foi chrétienne au profit de l'islam devant la cour criminelle qui l'a condamnée à mort.

Selon Amnesty International, Mme Ishag a été élevée en tant que chrétienne orthodoxe, la religion de sa mère, car son père était absent pendant son enfance.

str/tp/cbo

PLUS:hp