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Paris veut défendre son rang de 1er partenaire économique de l'Algérie

09/06/2014 03:46 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

Détrônée par la Chine, la France entend reconquérir sa position de principal partenaire économique de l'Algérie a annoncé lundi son chef de la diplomatie en visite à Alger, accompagné d'une importante délégation d'hommes d'affaires.

"Sur le plan économique, il faut aller loin car la France tient à rester le premier partenaire économique de l'Algérie. L'Algérie n'est pas un marché mais bel et bien un partenaire", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius lors d'une rencontre avec le ministre algérien de l'Industrie, Abdessalem Bouchouareb.

Alger souhaite rénover son économie, entièrement dépendante des hydrocarbures, et le président Abdelaziz Bouteflika entend mettre en place un plan d'industrialisation au cours de son prochain quinquennat entamé fin avril, un programme qui attise les appétits étrangers.

"Il s'agira d'axer la concurrence entre les partenaires autour du seul intérêt de l'Algérie", a cependant prévenu lundi le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra soulignant que dans le cas de la France, premier investisseur hors hydrocarbures, le partenariat "sera ouvert à tous les secteurs prioritaires de l'Algérie".

"Nous travaillons ensemble sur le partenariat économique, au coeur des relations entre la France et l'Algérie", a affirmé M. Fabius, reçu au cours de sa visite par le président Abdelaziz Bouteflika, le Premier ministre Abdelmalek Sellal et M. Lamamra.

Troisième client de l'Algérie, essentiellement en hydrocarbures, la France qui avait été pendant longtemps son premier fournisseur, a été détrônée pour la première fois par la Chine en 2013, selon des chiffres officiels algériens.

Entre janvier et septembre, la Chine s'est classée premier fournisseur avec 4,95 milliards de dollars, soit 11,98% des importations globales du pays. Avec 4,70 mds (11,37%), la France a été rétrogradé à la deuxième place.

Pékin a conservé sa place au premier semestre 2014, avec 1,87 milliard de dollars, contre 1,67 milliard pour la France.

Paris, seul partenaire économique de l'Algérie à avoir nommé un envoyé spécial pour les relations économiques algéro-françaises, Jean-Pierre Raffarin, peine à faire face à la concurrence féroce des Chinois.

L'Algérie a accordé à 50 entreprises chinoises des contrats de construction d'une valeur totale de 20 milliards de dollars, et la réalisation du méga projet de la grande mosquée d'Alger, d'un budget prévu de 1,5 milliard de dollars, a été confiée à la China State Construction Engineering Corporation (CSCEC). La construction du complexe, entamée le 16 août 2012, devrait s'achever en 2015.

Pendant ce temps les entreprises françaises ont perdu du terrain. Le groupe pétrolier algérien Sonatrach a ainsi annulé en mars un projet de construction d'usine d'un montant de 5 milliards de dollars, en négociation depuis 2007 avec le groupe Français Total, en raison d'un différend sur le prix du gaz.

abh/cbo

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