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Israël élit son 10e président, tourne la "page" Peres

09/06/2014 10:09 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

Israël élit mardi parmi cinq prétendants son 10e président, tournant la page Shimon Peres, assuré de rester dans l'Histoire pour son rôle au service de la paix.

Les 120 députés de la Knesset, le Parlement israélien, ont commencé à voter à bulletin secret mardi peu après 11H00 (08H00 GMT). Les résultats sont attendus dans l'après-midi.

Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit obtenir une majorité absolue d'au moins 61 députés. Si aucun des postulants ne parvient à mobiliser une telle majorité, un deuxième tour est organisé pour départager les deux premiers.

Il ne reste plus en lice que cinq des six candidats qui s'étaient déclarés le 27 mai, le travailliste Binyamin Ben Eliezer, soupçonné d'avoir touché des pots de vin ayant dû se retirer de la course.

Aucun, de l'avis général, n'a la stature du président nonagénaire sortant, ultime survivant de la génération des "pères de la nation".

Le favori est Réouven Rivlin, ex-président de la Knesset et membre du Likoud (droite nationaliste), à la fois partisan du "Grand Israël" et ardent défenseur de l'Etat de droit.

M. Rivlin a officiellement le soutien du Likoud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a fini par soutenir sa candidature du bout des lèvres, l'inimitié avant tout personnelle entre les deux hommes étant de notoriété publique.

M. Netanyahu avait d'ailleurs tenté de convaincre le prix Nobel de la paix et survivant de l'Holocauste Elie Wiesel de se porter candidat pour contrer M. Rivlin.

Autre chouchou des sondages, mais pas forcément des députés, le prix Nobel de Chimie 2011 Dan Shechtman, un "outsider" qui espère se hisser jusqu'au second tour, ce que les médias israéliens jugent toutefois peu probable.

Se présentent également le député centriste Meïr Sheetrit, transfuge du Likoud élu sur la liste centriste de la ministre Tzipi Livni, l'ex-présidente de la Knesset Dalia Itzik, qui a l'avantage de connaître les coulisses du Parlement, et enfin, l'ex-juge à la Cour suprême Dalia Dorner dont les chances de parvenir au second tour sont "quasi nulles" selon les médias.

- Changement de cap -

En Israël, le poste de président est largement honorifique et les pouvoirs exécutifs restent aux mains du Premier ministre. Le chef de l'Etat a toutefois pour tâche de nommer après les élections législatives la personnalité chargée de former une coalition et appelée à devenir Premier ministre.

Mais, fort de sa notoriété internationale, Shimon Peres, élu président en 2007, a su adroitement utiliser une fonction essentiellement protocolaire pour promouvoir un message politique en faveur de la paix.

Il n'a pas craint de donner de sérieux coups de canif au devoir de réserve dans lequel est censé se cantonner le chef de l'Etat, au point d'apparaître souvent comme le seul opposant de M. Netanyahu.

"L'élection du 10e président israélien annonce un changement de direction pour la présidence: elle va passer de la politique internationale aux questions intérieures", a prédit le quotidien de gauche Haaretz.

Sur des dossiers aussi sensibles que le processus de paix avec les Palestiniens, les relations stratégiques avec l'allié américain ou le programme nucléaire iranien, Shimon Peres n'a cessé de faire entendre sa propre voix.

Ainsi, le mois dernier, le prix Nobel de la paix 1994 a accusé publiquement M. Netanyahu d'avoir fait capoter en 2011 la conclusion d'un accord qu'il avait négocié secrètement avec les Palestiniens.

"Nous devons réaliser que le prochain président ne sera pas un Peres. La présidence va retrouver sa fonction naturelle, de représentation et de cérémonial", a estimé l'éditorialiste vedette Nahum Barnéa.

Shimon Peres doit quitter ses fonctions fin juillet, avant son 91e anniversaire.

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