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Indignation en Turquie après qu'un militant kurde a arraché le drapeau turc d'une base militaire

09/06/2014 10:21 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

L'état-major de l'armée turque s'est indigné lundi de l'action d'un militant kurde qui s'est introduit sur une de ses bases dans le sud-est du pays pour y arracher un drapeau turc, sur fond de tensions persistantes entre forces de l'ordre et manifestants kurdes.

Dans une déclaration sur son site internet, le commandement militaire a "condamné avec véhémence une attaque contre le drapeau turc, symbole de la glorieuse nation turque".

L'homme masqué a escaladé dimanche le mât de la base aérienne à Diyarbakir et en a descendu le drapeau national, au lendemain de la mort de deux manifestants kurdes abattus par l'armée lors de violents affrontements dans le district de Lice.

Selon l'armée turque et les services du gouverneur local, les soldats ont ouvert le feu samedi sur les protestataires après avoir eux-mêmes été pris pour cible par des tirs à balles réelles, des grenades artisanales et des cocktails Molotov.

Ces morts ont suscité de nombreuses manifestations et des incidents, non seulement dans le sud-est du pays à majorité kurde mais également à Istanbul.

La tension a brusquement monté à Lice depuis que des manifestants ont bloqué une route il y a deux semaines pour dénoncer la construction de nouveaux postes militaires.

Le chef du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) a dénoncé lundi l'action du militant kurde. "Nous ne pourrons jamais accepter un tel geste", a déclaré Kemal Kiliçdaroglu devant la presse.

Les discussions de paix entre le gouvernement d'Ankara et le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Abdullah Öcalan, qui purge une peine de prison à vie en Turquie, sont bloquées depuis des mois.

Le mouvement rebelle a décrété un cessez-le-feu unilatéral en mars 2013 et ordonné deux mois plus tard un retrait de ses combattants vers leurs bases du nord de l'Irak. Mais il a suspendu ce retrait en septembre 2013, reprochant au gouvernement de ne pas avoir tenu ses promesses d'accorder de nouveaux droits à la minorité kurde.

Le conflit entre les forces gouvernementales turques et les rebelles du PKK a fait plus de 45.000 morts depuis 1984.

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