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Fait rare, des évêques érythréens critiquent la situation dans leur pays

09/06/2014 01:23 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

Fait rare, quatre évêques érythréens ont exprimé des critiques sur la situation qui prévaut dans leur pays au régime autoritaire, dans une lettre publiée par l'opposition sur internet.

Dans cette lettre, les quatre ecclésiastiques mentionnent les dizaines de milliers d'Érythréens qui ont traversé les frontières très surveillées de leur pays pour se réfugier dans des pays voisins, fuyant une conscription sans fin tout comme le régime du président érythréen Assainis Afeworki.

Ce type d'opinions est très rarement exprimé en Erythrée, considéré comme un des pays les plus durs pour la liberté de la presse par l'organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières.

"Il n'y a pas de raison de chercher le pays du miel si vous y êtes déjà", écrivent les religieux dans cette lettre rédigée en langue tigrinya, selon une traduction faite par l'opposition sur son site internet Awate.com.

Les jeunes Erythréens ont quitté leur pays à la recherche de "pays pacifiques, des pays de justice, de travail, où ils peuvent s'exprimer, de pays où ils peuvent travailler et gagner" de l'argent, selon les termes du document signé par quatre évêques de l'influente église orthodoxe copte.

Selon l'ONU, au moins 3.000 Erythréens fuient au Soudan et en Ethiopie tous les mois, quittant leur pays qui compte environ cinq millions d'habitants et dont la superficie avoisine celle de la Grande-Bretagne.

"En plus de la crise liée au départ des gens qui quittent le pays, l'unité familiale est fragmentée car ses membres sont dispersés dans le service (national), l'armée, des centres de réhabilitation, des prisons", écrivent-ils dans leur lettre.

Selon eux, "des parents âgés se retrouvent tout seuls sans personne pour les aider, et ils sont spirituellement en souffrance. Et tout cela mis ensemble afflige le pays".

Le ministère érythréen de l'Information n'a pas fait de commentaires dans l'immédiat.

Les quatre évêques, appartenant à l'église orthodoxe érythréenne sont Mengsteab Tesfamariam, évêque de la capitale Asmara, tout comme Tomas Osman de la ville de Barentu, Kidane Yeabio de Keren et enfin l'évêque Feqremariam Hagos de la ville de Segeneti.

Des défenseurs des droits de l'Homme ont indiqué que des dizaines de prisonniers politiques sont détenus dans des camps dans le désert, où la brutalité est de mise et sans qu'ils aient été jugés.

"Tous ceux qui ont été arrêtés doivent d'abord être traités humainement et avec sympathie, et ensuite, sur la base des accusations pesant contre eux, ils doivent être présentés devant un tribunal", selon les termes de la lettre des évêques.

Cette lettre a été émise en mai dernier à l'occasion du 23ème anniversaire de l'Indépendance de l'Erythrée, mais ce n'est qu'en juin qu'elle a été publiée sur Awate.com.

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