NOUVELLES

Corée du Sud: ouverture du procès de l'équipage du ferry naufragé

09/06/2014 11:49 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

Le procès de l'équipage du ferry sud-coréen qui a coulé en avril, faisant plus de 300 morts et disparus, s'ouvre ce mardi dans un climat tendu, en présence de dizaines de proches de victimes et sous la pression populaire.

Le ferry transportait 476 personnes, dont 325 lycéens en voyage scolaire, lorsqu'il a fait naufrage le 16 avril au large des côtes méridionales de la Corée du Sud, vraisemblablement déséquilibré en raison d'une surcharge de fret.

Le capitaine Lee Joon-Seok et trois autres membres d'équipage comparaissent devant un tribunal de Gwangju (sud-ouest) pour "homicide par négligence", un crime passible de la peine capitale.

Une soixantaine de détenus attendent dans le couloir de la mort en Corée du Sud mais les exécutions ne sont plus appliquées depuis 1997.

Onze autres membres d'équipage doivent répondre d'accusations moins lourdes.

L'équipage du Sewol est accusé d'avoir quitté le bord en abandonnant des centaines de passagers pris au piège du ferry alors qu'il se couchait sur le flanc.

Le bilan à l'ouverture du procès est de 172 rescapés, 292 morts et 12 disparus. Les plongeurs continuent d'explorer l'épave.

La tragédie a profondément heurté l'opinion publique tant du fait du jeune âge des victimes que des révélations de l'enquête qui a mis en évidence l'incompétence de l'équipage mais aussi le laxisme et la corruption des autorités de contrôle et de sécurité maritimes.

Le capitaine Lee, dont la fuite sur des navires des gardes-côtes a été filmée et diffusée par les télévisions du monde entier, concentre l'essentiel de la haine populaire et les débats s'annoncent compliqués pour ses conseils face aux trois juges professionnels.

Selon les médias sud-coréens, de nombreux cabinets d'avocats ont en effet refusé d'assurer sa défense et se sont finalement six jeunes avocats qui ont été commis d'office.

"Le tribunal sera sous forte pression. L'émotion reste vive dans l'opinion", résume Jason Ha qui dirige un grand cabinet à Séoul. "Nous n'avons pas de jury ici, ce sont des juges professionnels et indépendant qui devraient être capables d'ignorer la clameur extérieure", estime-t-il cependant.

L'audience de mardi, consacrée à des questions de procédure, devait commencer à 05H00 GMT.

La police recherche toujours Yoo Byung-Eun, patriarche de la puissance famille qui contrôle la compagnie maritime Chonghaejin Marine, propriétaire du Sewol. Sa fille Yoo Som-na a été arrêtée début juin à Paris.

Les enquêteurs soupçonnent le milliardaire de détournements de fonds et de négligences dans l'application des consignes de sécurité et de violations diverses, vraisemblablement responsables du naufrage.

Les premiers éléments de l'enquête indiquent que le fret transporté était au moins deux fois supérieur au niveau recommandé. Le bateau était en outre moins résistant à la houle en raison de l'ajout illégal de cabines supplémentaires sur plusieurs ponts après son rachat en 2012. Enfin l'équipage n'aurait pas reçu les formations de sécurité règlementaires.

lim-gh/gab/fmp/mf

PLUS:hp