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Climat: le Premier ministre canadien accuse les autres pays de mentir

09/06/2014 03:51 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

Les Premiers ministres du Canada et de l'Australie ont défendu lundi la priorité qu'ils accordent à l'économie plutôt qu'à la lutte contre le réchauffement climatique, le Canadien Stephen Harper allant jusqu'à accuser de mentir les pays qui prétendent le contraire.

Régulièrement accusés de ne pas en faire suffisamment dans la lutte contre le réchauffement climatique, ces deux pays font face à une pression supplémentaire depuis que le président américain Barack Obama a annoncé la semaine dernière les premières normes majeures pour réduire les émissions de CO2 des Etats-Unis.

"Ce n'est pas que nous ne voulons pas nous attaquer au changement climatique, mais nous voulons le faire d'une façon qui protégera et accroîtra notre capacité de créer des emplois et la croissance, et non le contraire", a déclaré Stephen Harper lors d'une conférence de presse avec son homologue australien Tony Abbott.

"Et, franchement, c'est la position de tous les pays dans le monde. Aucun pays, quoi qu'ils en disent, ne veut entreprendre des actions sur le changement climatique qui détruiront les emplois et la croissance", a-t-il ajouté.

"Nous sommes juste un peu plus francs à ce propos, mais c'est l'approche que cherche chaque pays", a estimé M. Harper.

Le Premier ministre australien, qui est en mission commerciale en Amérique du Nord, a reconnu que le réchauffement climatique est un "problème important".

Mais, a-t-il dit, "ce n'est pas le seul ni même le plus grave auquel fait face le monde".

"Nous devons raisonnablement faire tout ce que nous pouvons pour contenir les émissions et éviter le réchauffement climatique, mais nous ne devrions pas miner l'économie", a-t-il lui aussi insisté.

Le président Obama a annoncé lundi dernier de nouvelles normes sur les émissions des centrales électriques aux Etats-Unis, visant en particulier le charbon, avec pour objectif de réduire leurs émissions de CO2 de 30% d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005.

Le Canada, qui s'est retiré du protocole de Kyoto en 2011, jugeant ses objectifs inatteignables, vise officiellement à réduire ses émissions de 17% d'ici 2020 par rapport à 2005.

Le pays n'est cependant pas en voie d'atteindre cet objectif, en raison de l'explosion des émissions provenant du secteur pétrolier dans la province de l'Alberta.

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