NOUVELLES

Soudan: arrestation du chef d'un parti d'opposition

08/06/2014 09:11 EDT | Actualisé 08/08/2014 05:12 EDT

Le chef d'un parti soudanais de l'opposition a été arrêté et inculpé dimanche pour avoir critiqué une unité paramilitaire lors d'un rassemblement de ses partisans, a déclaré à l'AFP un haut responsable de cette formation, le parti du Congrès soudanais.

Le président du parti, Ibrahim el-Cheikh, arrêté à Nouhoud, une localité du Kordofan-Ouest, risque la peine de mort s'il est reconnu coupable.

"Ce matin, la police a perquisitionné chez M. Ibrahim el-Cheikh, avec un mandat d'arrêt du parquet qui l'accuse (...) de porter atteinte à l'ordre constitutionnel, de propager des mensonges malfaisants et de menacer la paix civile", a déclaré à l'AFP le secrétaire général du parti Abdelqayoum Awad, joint par téléphone à Nouhoud.

Il a précisé que M. Cheikh, un ancien universitaire, avait critiqué samedi soir la Rapid Support Forces (RSF) --une force paramilitaire qui combat la rébellion-- et les arrestations politiques, au cours d'une conférence organisée par le parti dans la ville de Nouhoud.

Il a été accusé des mêmes chefs que le leader d'opposition Sadek al-Mahdi, arrêté le 17 mai par le puissant Service national de renseignement et de sécurité (NISS) après avoir, selon ce service, accusé les RSF d'exactions contre les populations civiles au Darfour (ouest).

M. Mahdi est toujours en détention et est accusé de trahison. Il pourrait être condamné à la peine de mort s'il est reconnu coupable.

Selon M. Abdelqayoum, le parquet a conclu son enquête mais a refusé une demande des avocats du président du parti du Congrès soudanais de libérer leur client. "S'il est reconnu coupable, il risque la peine de mort".

Vendredi, la police a dispersé violemment une manifestation de partisans de Sadek al-Mahdi qui dénonçaient son arrestation.

Après la prière hebdomadaire, des centaines de jeunes étaient sortis d'une mosquée d'Omdourman, la ville-jumelle de Khartoum, lançant des slogans de soutien à M. Mahdi et appelant à la chute du gouvernement d'Omar el-Béchir, qui célèbrera le 30 juin les 25 ans du coup d'Etat qui l'a amené au pouvoir.

str/feb/faa

PLUS:hp