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Roland-Garros - Maria Sharapova, déesse de la terre battue

07/06/2014 01:45 EDT | Actualisé 07/08/2014 05:12 EDT

La star russe Maria Sharapova a prouvé en remportant samedi son deuxième titre à Roland-Garros qu'elle était devenue une véritable déesse de la terre battue, une surface apprivoisée à force de patience.

Avant cette finale riche en émotions, la première disputée en trois manches depuis 2001, la "Tsarine" de 27 ans faisait déjà partie du gratin des sept joueuses victorieuses, jusqu'ici, de tous les tournois majeurs.

Elle est désormais la neuvième femme à avoir remporté plus d'une fois les Internationaux de France.

La Russe, assurée de remonter à la 5e place au classement mondial, rejoint notamment dans ce cercle sa grande rivale et N.1 mondiale Serena Williams (deux titres) ou encore Chris Evert (7 titres, record absolu) qui lui a remis le trophée quarante ans après sa première victoire.

Mais Sharapova, qui a signé sa 50e victoire Porte d'Auteuil en venant à bout (6-4, 6-7 (5/7), 6-4) de la Roumaine Simona Halep, future 3e mondiale, a dû s'obstiner pour faire sienne une terre hostile à ses débuts.

"Je me déplace sur la terre comme un éléphant sur une patinoire", disait-elle de ses prestations il y a encore quelques années.

- Guerrière -

Titrée d'abord sur les surfaces rapides, en 2004 à Wimbledon - à seulement 17 ans - puis à l'US Open en 2006 et à Melbourne en 2008, elle a attendu 2012 avant de connaître la consécration Porte d'Auteuil.

Elle a depuis largement confirmé son talent sur cette surface, en ayant disputé samedi sa troisième finale consécutive à Roland-Garros, où elle s'était précédemment invitée deux fois dans le dernier carré (2007 et 2011).

"Je ne peux pas y croire. Jamais je n'aurais imaginé il y a sept ou huit ans que quand j'aurais 27 ans, j'aurais gagné deux Roland-Garros, plus qu'aucun autre titre du Grand Chelem. C'est énormément d'émotions. Je peux à peine parler", a-t-elle affirmé, très émue, avant de recevoir la Coupe Suzanne-Lenglen.

Son sourire radieux et l'explosion de joie auprès de son staff en disait long sur la saveur de ce deuxième triomphe à Paris.

Ce succès récompense la combativité d'une véritable guerrière du circuit, qui a toujours su se relever après de graves blessures. La dernière en date, à l'épaule droite, l'avait éloignée des courts pendant six mois l'an dernier.

Eliminée dès les huitièmes de finale à l'Open d'Australie, Sharapova a élevé son niveau de jeu au fil des mois pour finir en apothéose sur la terre ocre où elle avait déjà remporté deux tournois (Madrid et Stuttgart) cette saison, ne perdant qu'un seul match sur cette surface (pour 19 victoires).

A Roland-Garros, où une opportunité lui était offerte après l'élimination précoce de sa bête noire Serena Williams, Sharapova a fait une nouvelle fois la démonstration de ses incroyables ressources mentales.

- Finale intense -

Malmenée durant ses trois matches avant la finale, elle a toujours réussi à inverser la tendance malgré la perte de la première manche. En finale, Simona Halep, qui incarne à 22 ans la relève du tennis féminin, ne se présentait pas en simple outsider.

Grâce à son jeu de métronome, sa couverture du court rappelant Arantxa Sanchez, la Roumaine n'avait, elle, pas concédé le moindre set avant cette ultime duel.

Au terme d'une finale intense, la deuxième la plus longue de l'histoire chez les dames (3h02), la "Tsarine" a su faire la différence par sa puissance en fond de court, malgré de nombreuses fautes directes (52) et un service encore capricieux (12 doubles fautes).

Elle a surpassé sa fébrilité et conservé son sang froid malgré des moments difficiles. En tête dans le tie break (5-3) avant de subir les assauts de Halep, Sharapova a redoublé d'efforts dans le dernier acte, en martyrisant la défense de la coriace Roumaine.

Dans les derniers jeux, indécis, Sharapova a pris l'ascendant en breakant pour mener 5-4 et ne plus jamais flancher.

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