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Nigeria: Un hebdomadaire assure avoir été empêché de distribution par l'armée

07/06/2014 10:19 EDT | Actualisé 07/08/2014 05:12 EDT

Au Nigeria, un hebdomadaire a annoncé samedi avoir été empêché de distribuer ses magazines dans plusieurs régions, au lendemain d'une "opération de sécurité" menée par l'armée visant notamment les véhicules de livraison de quatre quotidiens nationaux.

"L'armée nigériane a empêché aujourd'hui la distribution et la vente de Weekly Trust, l'édition du samedi de notre quotidien The Daily Trust, dans plusieurs régions du pays", a annoncé le groupe Media Trust Ltd, qui publie les deux titres, dans un communiqué.

"Nous n'empêchons aucun journal d'être distribué (...) nous effectuons seulement des fouilles dans des véhicules", a déclaré le général Olajide Laleye, porte-parole de l'armée, à AFP.

Déjà vendredi, The Daily Trust et trois autres quotidiens avaient annoncé avoir vu leur édition du jour saisie.

L'armée, qui avait reconnu dans un communiqué avoir fouillé des véhicules transportant des journaux pour des raisons de sécurité, s'était défendu d'avoir l'intention de museler les médias.

Media Trust Ltd affirme que des soldats en armes se sont rendus samedi dans son principal centre de distribution d'Abuja pour, selon eux, "exécuter des ordres venant d'en haut de feuilleter chacun des plusieurs milliers d'exemplaires du Weekly Trust à la recherche de matériaux dangereux pour la sécurité" du pays.

"En l'absence l'éléments compromettants", selon le communiqué, "les soldats ont tout-de-même empêché (les) commerciaux de distribuer le Weekly Trust".

Le même type d'opération s'est produit au centre de distribution de Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria, et dans plusieurs autres régions du pays, dit le document.

Le groupe de presse dit avoir publié une enquête compromettante mercredi dans le Daily Trust, selon laquelle des généraux de l'armée sont accusés d'occuper des locaux militaires, à Abuja, pour un usage personnel.

L'armée nigériane est sous le feu constant des critiques pour son incapacité à contenir l'insurrection de Boko Haram, qui a fait plusieurs milliers de morts ces cinq dernières années.

Les attaques du groupe islamiste se sont multipliées ces derniers mois, faisant plus de 2.000 morts depuis début 2014. L'armée s'est montrée incapable d'empêcher des bains de sang quasi quotidiens et de retrouver les quelque 200 lycéennes enlevées mi-avril dans le nord du pâys, un rapt qui a profondément choqué la communauté internationale.

Le Comité de protection des journalistes a reconnu vendredi que "le Nigeria est confronté à une menace sécuritaire" mais a demandé toutefois aux autorités de "respecter le rôle vital que jouent les médias dans la circulation de l'information".

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