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Investiture de Porochenko: réactions mitigées à Donetsk

07/06/2014 06:16 EDT | Actualisé 07/08/2014 05:12 EDT

A Donetsk, place forte des séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine, les réactions à l'investiture samedi à Kiev du nouveau président Petro Porochenko étaient partagées, certains espérant l'ouverture de négociations, d'autres restant sceptiques.

"Porochenko est quelqu'un de bien. Il va peut-être réussir à régler la situation. Pas tout de suite, évidemment, mais en ouvrant des négociations avec l'est de l'Ukraine. Je crois vraiment qu'il peut trouver une solution", déclare Vladimir, 61 ans, qui loue des vélos pour enfants sur la place Lénine, au centre de Donetsk.

Une grand-mère qui vient de prendre des vélos pour ses petits-fils intervient: "Porochenko n'est pas le patron. C'est les Etats-Unis qui donnent les ordres, pas lui ! Je n'ai pas écouté son discours d'investiture, mais je suis sûre que ça ne va pas du tout s'améliorer avec lui".

"Il a été élu par l'ouest de l'Ukraine, pas par nous. Ce n'est pas notre président. Ce qui se passe à Kiev, ce n'est pas notre affaire", ajoute un père de famille, Sergueï, 48 ans.

Tatiana, 56 ans, qui promène son petit-fils, est du même avis: "Porochenko n'est pas notre président. Nous avons notre Etat à nous, la république de Donetsk, même si nous ne sommes pas reconnus pour le moment. Je veux que mon petit-fils vive dans une république indépendante, où il pourra parler russe".

Jeune mère de famille, Natacha, 32 ans, ne soutient pas du tout les séparatistes prorusses de Donetsk mais elle s'interroge sur les chances de voir le nouveau président ukrainien mettre fin au conflit meurtrier dans l'est du pays.

"J'aimerais que Porochenko vienne ici pour se mettre d'accord avec l'autre partie. Je ne sais rien de lui. Je garde espoir malgré tout, même si je vois que beaucoup de mes amis partent, surtout ceux qui ont des enfants", indique-t-elle.

Troublée par les pillages qui se sont multipliées à Donetsk après la prise du pouvoir par les séparatistes pro-russes, Tatiana espère que le nouveau président pourra restaurer un pouvoir légal dans la région: "Je veux un pouvoir légitime, élu dans un scrutin normal, pas comme ce référendum (pour l'indépendance de la région de Donetsk en mai dernier)", ajoute-t-elle.

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