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Côte d'Ivoire: pas de visite à la détenue Simone Gbagbo pour le président du FPI

07/06/2014 03:50 EDT | Actualisé 07/08/2014 05:12 EDT

Le président du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, n'a pu rendre visite à l'épouse de l'ex président, Simone Gbagbo, détenue à Odienné, le maire de cette ville du nord-ouest ayant interdit sa venue, a-t-on appris samedi auprès du FPI.

"Le maire a écrit que compte tenu des tensions qui existaient depuis 48 heures, que nous n'avons pu constater", la visite de Pascal Affi N'Guessan "n'était pas possible", a déclaré Franck Bamba, responsable de la communication pour le FPI, dont une délégation sillonne le nord-ouest de la Côte d'Ivoire depuis dimanche.

La faute incombe à des "ultras du RDR", qui refusaient la venue du FPI dans cette zone traditionnellement favorable au Rassemblement des républicains, le parti du président Alassane Ouattara, vainqueur de M. Gbagbo à la présidentielle de 2010, a déploré M. Bamba.

Pascal Affi N'Guessan ne disposait en outre pas d'un "permis de communiquer", soit d'un droit de visite à l'ex Première dame placée en résidence surveillée, a reconnu le porte-parole du FPI.

"On avait déposé une demande. On remplissait les conditions pour l'obtenir. On a attendu le permis, en vain", a-t-il dit.

"Le gouvernement punit le FPI", titrait samedi matin le quotidien Soir Info, qui comme d'autres journaux avance l'hypothèse de représailles du pouvoir contre la principale formation d'opposition.

Le parti pro-Gbagbo n'a pas levé son mot d'ordre de boycottage du recensement de la population, comme le lui avait demandé le pouvoir lors d'une rencontre le 22 mai, qui marquait la reprise du dialogue entre les deux camps après deux mois de tension.

"Le gouvernement n'a rien à voir dans tout cela", a répliqué Affoussy Bamba, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement ivoirien.

"Simone Gbagbo a déjà rencontré plusieurs cadres du FPI. Que nous aurait rapporté le fait d'interdire cette visite ?", s'est interrogée Mme Bamba.

La Côte d'Ivoire se remet progressivement d'une décennie de crise politico-militaire, dont les violences postélectorales de 2010-2011 qui ont fait plus de 3.000 morts, selon l'ONU, ont marqué l'épilogue. Elles ont opposé les partisans de M. Ouattara à ceux de M. Gbagbo qui refusait de reconnaitre sa défaite électorale.

Détenue depuis la fin de la crise, Simone Gbagbo est poursuivie par la justice ivoirienne, notamment pour génocide. Elle est aussi sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale qui la soupçonne de crimes contre l'humanité.

Un expert onusien, Doudou Diène, a salué vendredi "l'importante dynamique de réconciliation" dans le pays après la libération de 50 prisonniers proches de l'ex-président Gbagbo. Cent cinquante détenus devaient initialement être élargis.

L'opposition doit "prendre des actes politiques forts et crédibles" de nature à "conforter la dynamique de dialogue en cours", telle que la levée de l'appel au boycottage du recensement, a-t-il estimé.

jf/jlb

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