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Soudan: dispersion par la force d'une manifestation de soutien à un opposant détenu

06/06/2014 01:57 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

La police soudanaise a dispersé violemment vendredi une manifestation de partisans du leader d'opposition Sadek al-Mahdi qui dénonçaient son arrestation, selon un journaliste de l'AFP.

M. Mahdi a été arrêté le 17 mai par le puissant Service national de renseignement et de sécurité (NISS) après avoir, selon ce service, accusé une unité paramilitaire d'exactions contre les populations civiles au Darfour, une région de l'ouest du Soudan en proie aux violences.

Après la prière hebdomadaire du vendredi, des centaines de jeunes sont sortis d'une mosquée d'Omdurman, la ville-jumelle de Khartoum, lançant des slogans de soutien à M. Mahdi et appelant à la chute du gouvernement.

"La voix de Sadek est la voix du peuple" et "le peuple demande la chute du régime", ont scandé les manifestants qui ont également bloqué une rue principale, selon le journaliste de l'AFP.

La police anti-émeute, armée de matraques, a donné l'assaut et a frappé plusieurs d'entre eux, contraignant les protestataires à fuir dans les rues adjacentes.

Les manifestants arboraient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Non au dialogue", en référence au "dialogue national" lancé en janvier par le président Omar el-Béchir à l'adresse des partis politiques afin de tenter de résoudre les multiples crises du pays: les rebellions, une profonde crise économique et un isolement sur la scène internationale.

Omar el-Béchir, qui célèbrera le 30 juin les 25 ans du coup d'Etat qui l'a amené au pouvoir, fait l'objet de mandats d'arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide dans le conflit du Darfour.

Suite à l'arrestation de M. Mahdi, son parti d'opposition Oumma avait décidé de quitter le "dialogue national".

M. Mahdi, qui fait l'objet d'une enquête pour des accusations de trahison, pourrait être condamné à la peine de mort s'il est reconnu coupable.

Les journalistes au Soudan avaient été interdits d'enquêter et de publier des informations sur son arrestation.

Le NISS lui reproche d'avoir accusé les Rapid support forces (RSF), une unité paramilitaire, de viols et violences au Darfour, théâtre depuis 2003 d'affrontements entre l'armée alliée à des tribus, et des rebelles réclamant un partage du pouvoir avec Khartoum.

Cette rébellion s'est doublée ces dernières années par une hausse des actes criminels et des combats entre tribus arabes se disputant terre, eau et droits miniers.

Sadek al-Mahdi, qui était Premier ministre quand le président Omar el-Béchir a mené son coup d'Etat en 1989, est le chef religieux de la secte Al-Ansar, branche religieuse du parti Oumma.

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