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Soixante migrants africains se noient au large des côtes du Yémen (ONU)

06/06/2014 05:50 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

Soixante migrants somaliens et éthiopiens, ainsi que deux Yéménites membres de l'équipage, se sont noyés le 31 mai au large des côtes du Yémen, a annoncé vendredi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Ce naufrage est le plus meurtrier pour des migrants africains essayant de rejoindre le Yémen via la Mer Rouge et le Golfe d'Aden depuis le début de l'année, a déclaré un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'un point-presse.

Un employé yéménite du HCR à Sanaa, Zeid al-Alaya, a indiqué que le bateau avait fait naufrage en raison de mauvaises conditions climatiques au large de Dhubab, une localité à l'entrée de Bab El-Mandeb, le détroit reliant le Golfe d'Aden à la mer Rouge.

"La plupart des victimes sont de nationalité éthiopienne", a-t-il ajouté en citant la Society for Humanitarian Solidarity (SHS), une organisation humanitaire locale, l'un des partenaires du HCR au Yémen selon lui.

Les migrants africains, principalement des Ethiopiens et des Somaliens fuyant la pauvreté ou les violences, s'introduisent habituellement dans le sud du Yémen par bateau avant de poursuivre leur périple en direction de la frontière saoudienne.

Au total, au moins 121 personnes essayant de rejoindre le Yémen par bateau se sont noyées depuis le début de l'année.

En mars, 42 migrants africains clandestins s'étaient noyés dans le naufrage de leur embarcation au large des côtes méridionales du Yémen. Parfois ce sont les trafiquants qui jettent les passagers par-dessus bord, lorsqu'ils craignent d'être pris par les autorités.

Quelque 16.500 réfugiés et migrants ont gagné le Yémen au cours des quatre premiers mois de l'année 2014, contre 35.000 sur la même période en 2013, a indiqué M. Edwards.

Ce recul s'explique notamment par une augmentation de l'insécurité au Yémen et une politique de contrôle de l'immigration clandestine plus sévère en Arabie Saoudite, ce qui pousse les migrants à utiliser davantage les routes qui passent par les pays d'Afrique du Nord, a expliqué Adrian Hedwards à l'AFP.

Au cours des cinq dernières années, plus de 500.000 personnes, principalement des Somaliens, des Ethiopiens et des Erythréens, ont rejoint le Yémen via le Golfe d'Aden et la Mer Rouge, en embarquant sur des navires surchargés.

Le Yémen accueille jusqu'à 2 millions de migrants, en grande majorité infiltrés illégalement dans ce pays de la Péninsule arabique, selon des estimations non officielles couramment citées par des experts et des associations humanitaires.

Parmi ces réfugiés, 241.000 se sont enregistrés auprès du HCR, dont 230.000 Somaliens, a indiqué Zeid al-Alaya, ajoutant que les autres réfugiés étaient notamment originaires d'Erythrée et d'Ethiopie, mais aussi d'Irak et de Syrie.

La présence de ces réfugiés au Yémen, qui s'ajoutent aux 25 millions d'habitants du pays, l'un des plus pauvres de la planète, alourdit les charges de l'Etat, confronté à une vague de violences et à une économie exsangue.

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