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Débarquement: hommage vibrant aux victimes civiles pour le lancement des cérémonies

06/06/2014 04:33 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Le président François Hollande a lancé vendredi les commémorations du 70e anniversaire du Débarquement allié en rendant un hommage solennel aux 20.000 civils tués pendant la Bataille de Normandie.

Près de 1.800 vétérans des plages normandes et les chefs d'Etat et de gouvernement d'une vingtaine de pays, dont Barack Obama, David Cameron, Angela Merkel et Vladimir Poutine, vont participer aux commémorations toute la journée.

Mais au-delà de l'aspect mémoriel, cette journée devrait aussi prendre une coloration très diplomatique, les Occidentaux retrouvant pour la première fois depuis plus de deux mois le président russe Vladimir Poutine, avec qui ils sont engagés dans un bras de fer sur la crise ukrainienne.

Le chef de l'Etat français a lancé officiellement les cérémonies en rappelant devant le mémorial de Caen le rôle et le martyre des civils normands.

"Je voulais aujourd'hui en ce 70ème anniversaire que l'hommage de la Nation puisse s'adresser à tous, civils et militaires (...) Je voulais que le rôle des normands fût reconnu", a déclaré le chef de l'Etat dans son discours.

Il s'agit de la première reconnaissance officielle des quelque 20.000 civils tués entre le 6 juin, date à laquelle 130.000 soldats alliés débarquent sur les plages normandes, et le 22 août 1944, fin des combats en Normandie. La région n'a été définitivement libérée du joug nazi que le 12 septembre.

"Cette bataille fut aussi celles des civils", a insisté M. Hollande, rendant hommage "aux familles entières qui connaissent le chaos et la mitraille".

Le point d'orgue des cérémonies se déroulera dans l'après-midi à Ouistreham, avec l'ensemble des chefs d'Etat et de gouvernement.

Isolé sur la scène internationale après l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en mars, Vladimir Poutine fait son grand retour et son attiotude sera scrutée par tous les observateurs. Après s'être entretenu jeudi soir à Paris avec François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron, il doit rencontrer notamment la chancelière allemande Angela Merkel à Deauville en fin de matinée.

Va-t-il parler à Barack Obama avec qui les relations sont au plus bas ? Serrera-t-il la main du nouveau président ukrainien Petro Porochenko aux prises avec une insurrection armée prorusse qui gagne du terrain de jour en jour dans l'est de l'Ukraine faisant craindre une partition du pays ?

- Tous réunis sur Sword Beach -

Après le mémorial de Caen, MM. Hollande et Obama se sont retrouvés en milieu de matinée au cimetière américain de Colleville-sur-Mer, qui compte près de 10.000 tombes.

Après un déjeuner au Château de Bénouville, lieu symbolique de la Résistance, les dirigeants invités, parmi lesquels la reine Elisabeth II d'Angleterre, iront dans l'après-midi à Ouistreham pour le point d'orgue des cérémonies, sur la plage de Sword Beach, en présence notamment d'un millier d'anciens combattants.

Dans les heures précédant le début des commémorations, Paris a été le théâtre de plusieurs entretiens bilatéraux consacrés à l'Ukraine.

François Hollande a reçu coup sur coup jeudi soir Barack Obama et Vladimir Poutine. Auparavant, David Cameron avait appelé le maître du Kremlin à reconnaître formellement la légitimité du nouveau président ukrainien et à travailler avec lui.

Les bilatérales se poursuivront vendredi, avec une rencontre prévue dans la matinée entre M. Poutine et le dirigeant européen qu'il respecte le plus, la chancelière allemande Angela Merkel, à Deauville.

En revanche aucune rencontre n'est pour l'heure au programme entre MM. Obama et Poutine, dont les relations sont au plus bas depuis des mois.

Jeudi, lors d'un G7 à Bruxelles, le président américain a eu des propos trés durs à l'égard de Moscou, menacé de nouvelles sanctions.

- Guerre froide -

"Nous allons voir ce que M. Poutine va faire dans les deux, trois, quatre prochaines semaines" dans la crise ukrainienne, a-t-il déclaré.

"Si les provocations russes se poursuivent, il est clair (...) que les pays du G7 sont prêts à imposer des coûts supplémentaires à la Russie", a mis en garde M. Obama.

Lors du G7, les dirigeants occidentaux ont martelé qu'ils étaient "unis pour condamner la poursuite de la violation par la Russie de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

Des sanctions susceptibles de frapper l'économie russe pourraient être décidées au prochain sommet européen qui se tiendra les 26 et 27 juin, selon la chancelière Angela Merkel.

Mais les Occidentaux sont divisés sur la nature et l'ampleur des mesure à prendre contre Moscou.

Ils afficheront néanmoins une unité de façade sur les plages de Normandie, théâtre il y a 70 ans de la plus importante opération amphibie de tous les temps.

Jeudi soir, la côte normande s'est embrasée le long des plages par la magie d'un gigantesque feu d'artifice symbolisant le combat engagé en 1944.

Cent trente mille hommes ont débarqué en Normandie par la mer le 6 juin. Fin juillet 1944, les soldats Alliés étaient 1,5 million. La bataille de Normandie a fait 37.000 tués côtés alliés, de 50.000 à 60.000 côté allemand.

Les vétérans, qui ont largement dépassé les 90 ans, devraient pour beaucoup fouler pour la dernière fois le sable des cinq plages du Débarquement, plus connues sous leur nom de code: Utah, Omaha, Sword, Juno et Gold.

bur-kat/cf/lma

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