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Canada: inculpation de l'assassin présumé des trois policiers

06/06/2014 05:01 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

L'homme accusé d'avoir abattu trois policiers et d'en avoir blessé deux autres à Moncton (est du Canada) a formellement été inculpé pour meurtres vendredi, après son arrestation pendant la nuit au terme d'une traque de près de 30 heures.

L'assassin présumé, Justin Bourque, 24 ans, avait pris la fuite mercredi soir après avoir fait feu en pleine rue sur les policiers, forçant les forces de l'ordre à boucler un périmètre de 10 km2 dans une zone résidentielle et boisée de cette ville de 70.000 habitants du Nouveau-Brunswick.

La chasse à l'homme, à laquelle participaient près de 300 policiers, secondés par des blindés légers, des hélicoptères et un avion de surveillance, a pris fin peu après minuit vendredi lorsque le suspect s'est livré aux autorités.

Lors d'une brève comparution en fin de journée au palais de justice de Moncton, où il a été escorté par des policiers lourdement armés, Bourque a été formellement inculpé de cinq chefs d'accusation, dont trois pour meurtre prémédité et deux pour tentative de meurtre.

Il avait "l'air abasourdi" lors de sa comparution et son avocat commis d'office n'a pas demandé "pour le moment" qu'il subisse une évaluation psychiatrique, selon le compte-rendu d'un journaliste de Radio-Canada sur place.

Il restera incarcéré jusqu'à sa prochaine comparution prévue le 3 juillet, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur son compte Twitter.

- Prison à perpétuité -

Bourque encourt la prison à perpétuité, soit au Canada une peine de 25 ans incompressibles.

Selon des témoins et la police, le tueur présumé avait été vu en train de tirer sur les policiers de la GRC mercredi soir: trois sont morts sur le coup et deux autres ont été blessés, dont un a pu quitter l'hôpital jeudi.

Les policiers décédés se nomment Dave Ross, 32 ans, originaire du Québec voisin, Doug James Larche, 40 ans, natif de Saint John au Nouveau-Brunswick, et Fabrice George Gévaudan, 45 ans, immigré français venant de Boulogne-Billancourt (banlieue parisienne) enrôlé dans la GRC depuis 2008.

Des photos prises mercredi montraient Bourque vêtu d'une tenue kaki et armé de deux fusils (un de chasse, un semi-automatique) en train de déambuler dans Moncton. Les autorités avaient prié les habitants de s'enfermer chez eux tant que cet homme "très, très dangereux" n'avait pas été mis hors d'état de nuire.

Il s'est finalement rendu aux commandos d'élite de la GRC qui le cernaient, sans opposer de résistance, a dit à la chaîne CTV Michelle Thibodeau, témoin de l'arrestation. Caché à l'arrière de la maison de Mme Thibodeau, entre une palissade et des arbres, le suspect s'est avancé vers les policiers en lançant: "Je suis fini", a raconté la jeune femme.

La police a précisé qu'il n'était pas armé lors de l'arrestation, mais que ses fusils ont été retrouvés aux alentours.

Selon Radio-Canada, c'est un avion de surveillance du gouvernement canadien équipé de capteurs infrarouges et déployé pour la première fois jeudi soir qui a permis de repérer le fugitif.

Immédiatement, le maire de cette ville de 70.000 habitants, George Leblanc, a "félicité la GRC pour ce travail, d'autant que les circonstances étaient exceptionnellement difficiles". Toute la journée, des habitants de Moncton ont déposé des gerbes de fleurs devant le quartier-général local de la police fédérale.

Pendant la traque, Moncton avait pris des allures de ville fantôme. Les commerces avaient leurs rideaux tirés, les écoles et les administrations n'avaient pas ouvert jeudi et certains habitants avaient même décidé de quitter la ville temporairement.

Il s'agit de la pire tragédie pour la Gendarmerie royale depuis l'assassinat en 2005 de quatre agents en Alberta (ouest). Le choc et l'incompréhension sont d'autant plus grands que, à la différence des États-Unis voisins, le Canada est généralement épargné par les fusillades.

Jeudi, le drapeau du parlement à Ottawa avait été mis en berne.

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