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Au moins 36 morts dans des violences dans le nord de l'Irak

06/06/2014 11:23 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

Au moins 36 personnes ont péri vendredi dans le nord de l'Irak, la majorité dans des affrontements entre insurgés et forces de sécurité à Mossoul, ont indiqué des responsables.

Dans l'ouest de cette grande ville du nord du pays, quatre policiers et trois soldats ont péri dans des affrontements avec des insurgés, qui, eux, ont perdu 16 hommes, a-t-on appris auprès de la police et d'un employé de la morgue. Et un civil a été tué par un tir de mortier.

D'autres heurts entre forces armées et insurgés ont éclaté dans l'est de la ville, tuant trois soldats, a-t-on appris de même source.

Les forces de sécurité ont en outre abattu cinq kamikazes avant qu'il ne fassent exploser leurs charges au sud de Mossoul.

Par ailleurs, au moins quatre personnes ont été tuées et 45 blessées lorsque deux kamikazes ont fait détoner des voitures piégées dans le village d'Al-Mouwaffaqiyah, à l'est de Mossoul, où les habitants appartiennent principalement à la minorité Chabak, une secte ésotérique kurde, selon des sources médicales et au sein de la police.

Des attentats perpétrés par des groupes islamistes sunnites considérant les Chabaks comme des hérétiques visent régulièrement cette communauté qui compte quelque 30.000 membres.

Ces violences interviennent au lendemain d'un assaut lancé par des insurgés sur la ville de Samarra, à 110 km au nord de Bagdad, dont ils ont occupé plusieurs quartiers avant d'être chassés par l'armée au prix de combats qui ont fait des dizaines de morts.

Vendredi, le Premier ministre Nouri al-Maliki a affirmé que les insurgés visaient le mausolée chiite d'Al-Askari, au centre de Samarra, une "nouvelle vaine tentative de provoquer des tensions communautaires", selon lui.

Les zones prises par les insurgés se trouvaient cependant dans l'est de Samarra, et ces derniers auraient eu à avancer de façon significative pour approcher du mausolée.

L'attaque de cet édifice en février 2006 qui avait été à l'origine du conflit confessionnel ayant fait des dizaines de milliers de morts en 2006-2008, après l'invasion américaine de 2003.

Les violences qui endeuillent quotidiennement le pays depuis plusieurs mois atteignent des niveaux jamais vus depuis 2008, à la fin de ces deux années noires pour l'Irak.

Au total, ce sont plus de 4.300 personnes qui sont mortes depuis le début de l'année, dont plus de 900 pour le seul mois de mai.

Les autorités imputent cette escalade à des facteurs extérieurs, au premier rang desquels la guerre en Syrie voisine. Mais diplomates et experts affirment que les violences sont surtout alimentées par la colère de la minorité sunnite, qui s'estime marginalisée et maltraitée par les autorités dominées par les chiites.

Les responsables politiques cherchent depuis plusieurs semaines à constituer des alliances en vue de la formation d'un gouvernement, que le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki entend continuer à diriger, même si les législatives du 30 avril ne lui ont pas donné de majorité claire.

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