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Afrique du Sud: un mort raccourci à la scie pour tenir dans son cercueil

06/06/2014 10:36 EDT | Actualisé 06/08/2014 05:12 EDT

La propriétaire d'une agence de pompes funèbres sud-africaine a été arrêtée cette semaine et sera jugée pour mutilation de cadavre, accusée d'avoir ordonné que l'on scie les pieds d'un mort trop grand pour tenir dans son cercueil, a-t-on appris de source judiciaire vendredi.

L'affaire remonte à il y a trois ans à Grahamstown, au Cap oriental (sud), la province natale de Nelson Mandela, et rien n'avait filtré car Ronel Mostert, la propriétaire de Siyakubonga Funeral Services, avait menacé ses employés de les renvoyer s'ils parlaient.

L'un d'eux, Siphamandla Dyasi, obligé à l'époque d'utiliser une scie circulaire pour raccourcir le défunt, a finalement craqué et tout avoué, expliquant qu'il n'en pouvait plus de garder un secret aussi lourd à porter.

"J'ai eu des cauchemars et des insomnies à cause de cet incident. J'ai essayé de garder ça pour moi ces trois dernières années mais cela revenait me hanter sans cesse", a-t-il expliqué, selon le dossier judiciaire consulté par l'AFP.

"Depuis toutes ces années, j'ai du mal à dormir. Encore aujourd'hui, j'entends le son de la scie qui résonne dans ma tête. Je n'en pouvais plus", a-t-il dit. "Le type était trop grand pour tenir dans le cercueil, et on a dû le dire à Mme Mostert. Elle nous a répondu d'aller chercher une scie et de lui couper les jambes".

A la suite de son témoignage, il a fallu rouvrir la tombe de Thamsanqa Tshali, le défunt mutilé, un homme de 33 ans décédé à l'époque de causes naturelles. Des experts ont confirmé les dires de l'employé.

Remise en liberté sous caution avant une nouvelle comparution devant un juge le 27 juin, la propriétaire s'est refusée à tout commentaire en attendant. La police locale continue de son côté l'enquête, suspectant d'autres cas de mutilation similaires.

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