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RDC: l'opposition exige un calendrier électoral issu d'un consensus politico-social

05/06/2014 02:59 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Une grande partie de l'opposition et de la société civile ont réclamé jeudi un calendrier plus consensuel des scrutins prévus en République démocratique du Congo d'ici à la présidentielle de 2016, désavouant celui publié par la Commission électorale.

"(Nous) exigeons (...) l'élaboration d'un calendrier électoral issu d'un consensus entre les forces politiques et sociales", ainsi que "le parachèvement du cyle électoral 2011-2016 par la tenue des élections provinciales après la présidentielle et les législatives" décriées de 2011, indique leur déclaration.

S'ils n'obtiennent pas gain de cause, ils menacent de "retirer (leurs) délégués siégeant au bureau de la Céni" (la Commission électorale nationale indépendante) et de traduire en justice son président, l'abbé Apollinaire Malu-Malu, pour "atteinte aux droits garantis aux particuliers et violation des lois de la République".

Ce texte était signé par le secrétaire général de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d'Etienne Tshisekedi, deuxième à la présidentielle de 2011 et qui en a rejeté les résultats, et Vital Kamerhe, arrivé troisième et devenu avec son Union pour la nation congolaise (UNC) un grand détracteur du président Joseph Kabila.

Egalement signataire du texte, le député Martin Fayulu, un des cadres du collectif "Sauvons la RDC", qui demande le départ de l'abbé Malu-Malu, accusé d'être "inféodé au pouvoir" et de comploter pour que M. Kabila, qui ne peut pas briguer un troisième mandat selon la Constitution, reste au pouvoir après 2016.

Fin mai, la Céni a dévoilé le calendrier des élections municipales, communales et locales, qui auront lieu en trois temps: les 14 juin, 29 août et 15 octobre 2015. Mardi, les envoyés spéciaux pour la région des Grands Lacs de l'ONU, de l'Union Africaine, de l'Union européenne et des Etats-Unis et la Mission de l'ONU ont plaidé pour la publication d'un calendrier "global" des scrutins prévus en RDC d'ici à la présidentielle de 2016.

Jeudi, l'envoyé spécial américain, Russell Feingold, a souligné qu'il était "crucial qu'il y ait un calendrier global" avec une "présidentielle pas plus tard que fin 2016, comme le prévoit la Constitution", et qu'il n'y ait pas de tentative de modifier l'article 220 de la loi fondamentale qui limite à deux les mandats présidentiels.

Les envoyés spéciaux ont rencontré mardi le président Kabila qui a "réitéré" que les diplomates "ne peuvent pas s'ingérer dans les questions domestiques", et notamment faire pression sur la Céni pour qu'elle "modifie son calendrier".

hab/aub

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