POLITIQUE

«Je suis triste», dit Raymond Bernier, député libéral opposé au projet de loi sur les soins en fin de vie

05/06/2014 03:07 EDT | Actualisé 05/06/2014 03:17 EDT
PC

QUÉBEC - Le député de Montmorency Raymond Bernier a été un des opposants les plus vocaux au projet de loi sur les soins en fin de vie qui sera adopté jeudi après-midi. «Je suis triste aujourd'hui», confie le député en entrevue.

Il fait partie d'une vingtaine d'élus libéraux qui voteront contre le projet de loi 52. Mieux connu sous le nom «Mourir dans la dignité», le projet de loi a d'abord été introduit par le gouvernement Marois. Il sera présenté conjointement par le ministre de la Santé Gaétan Barrette et la députée péquiste Véronique Hivon, qui a chapeauté la pièce législative.

Même s'il juge qu'il s'agit d'un bon projet de loi au niveau technique et juridique, Raymond Bernier craint que celui-ci ouvre la porte à des dérives.

«Dans son application, il peut se passer toutes sortes de choses entre le médecin et le patient», dit-il.

Le député de Montmorency craint également que de futurs élus poussent le projet de loi encore plus loin. «Si on regarde du côté de la Belgique, on l'a étendu par rapport à des enfants, on l'a étendu à des personnes en situation très difficile», dit-il.

De plus, le projet de loi 52 envoie un message négatif à la lutte contre le suicide, croit le député libéral. «Ça envoie le message que quand on est dans de la souffrance, quand on est dans un état précaire, où on est plus capable de vivre ce que l'on vit, à ce moment-là, la porte s'ouvre vers l'euthanasie, s'ouvre vers le suicide», ajoute le député.

L'opposition du député tient également de son expérience personnelle, lui dont le père est décédé d'un cancer des poumons. «Il m'a demandé jusqu'à la veille de sa mort s'il y avait moyen de le sauver», raconte Raymond Bernier. «Jusqu'à la toute fin, on a demandé des soins palliatifs pour lui éviter la souffrance. Et il est mort calmement», raconte-t-il.

Le député de Montmorency plaide d'ailleurs pour une meilleure offre de soins palliatifs.

Finalement, Raymond Bernier craint les effets du recours à l'aide médical à mourir sur les proches du malade. «C'est quoi l'impact psychologique d'une telle décision», demande-t-il.

Outre Raymond Bernier, les ministres Christine St-Pierre, Pierre Arcand et Pierre Moreau ont fait part de leur intention de voter contre le projet de loi 52. D'autres élus libéraux comme Gerry Sklavounos et Saul Polo voteront également contre.

Le premier ministre Philippe Couillard a permis le vote libre à ses députés sur le projet de loi 52. La majorité est toutefois déjà acquise pour l'adoption du projet de loi.

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