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Rappels de voitures: GM rejette la faute sur quelques salariés négligents

05/06/2014 12:56 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

GM a rendu publiques jeudi les conclusions d'une enquête interne qui blanchit la direction dans l'affaire des rappels tardifs de véhicules et rejette la faute sur une culture interne ayant favorisé les "négligences" d'un petit nombre d'employés, dont 15 ont été licenciés.

Devant des salariés, des concessionnaires et des journalistes à Warren (Michigan, nord-est), la directrice générale du constructeur automobile américain Mary Barra, le ton grave, a fait part de sa "profonde" tristesse à la lecture de ce rapport "troublant", "dur", parce qu'il décrit "l'échec à faire le minimum nécessaire pour nos clients".

GM a chargé l'ancien procureur Anton Valukas, qui avait enquêté sur la faillite de la banque Lehman Brothers, d'effectuer une enquête au sein de l'entreprise pour déterminer les responsabilités dans les rappels tardifs de 2,6 millions de Chevrolet Cobalt, Saturn Ion entre autres, produites entre 2003 et 2011.

Ces véhicules équipés d'un commutateur d'allumage défectueux, détecté pour la première fois il y a dix ans, ont été rappelés seulement cette année. Ce problème a été lié à une trentaine d'accidents et à au moins 13 décès.

"M. Valukas a découvert que la situation était due à une série d'incompétences et de négligences. Plusieurs fois, des individus ont échoué à divulguer des morceaux d'informations importants qui auraient pu changer fondamentalement des vies", a déploré Mary Barra.

Elle a expliqué que les lourdeurs bureaucratiques et "l'incapacité" de certains "à prendre à bras le corps un problème de commutateur d'allumage pendant 11 ans reflète une tradition de défaillance".

L'enquête, a-t-elle dit, révèle aussi que "personne n'a averti la direction".

GM a par conséquent licencié 15 personnes et pris des sanctions disciplinaires contre cinq autres employés.

Selon des documents rendus publics par le Congrès en avril, Ray DeGiorgio, le chef des ingénieurs de la Chevrolet Cobalt et un autre ingénieur, Gary Altman, avaient découvert le défaut du commutateur dès 2004. Ils avaient décidé de ne pas remplacer une pièce défectueuse parce qu'ils estimaient que ce serait trop cher.

"Ils n'ont pas pris leurs responsabilités, ils n'ont pas pris en compte le côté urgent de la situation", a déploré Mme Barra, précisant que MM. DeGiorgio et Altman faisaient partie des personnes renvoyées.

- Encore beaucoup de questions -

Le rapport d'un peu plus de 300 pages de M. Valukas a aussi révélé "qu'il n'y avait pas eu de machination de la part de l'entreprise pour couvrir les faits", a assuré Mary Barra, qui a succédé à Dan Akerson le 15 janvier.

Dans ce dossier, les autorités américaines ont infligé le 16 mai à GM une amende civile "record" de 35 millions de dollars - la plus importante autorisée dans ces procédures.

Des enquêtes du département de la Justice, du gendarme des marchés financiers, la SEC, et du Congrès sont encore en cours.

"Notre enquête se poursuit, car GM a encore à répondre à beaucoup de questions", a réagi dans un communiqué l'élu républicain Fred Upton, annonçant que Mary Barra et M. Valukas seraient de nouveau entendus par le Congrès dans les "prochaines semaines".

Pour surmonter cette crise, Mme Barra a promis une transformation du groupe automobile, en une entreprise focalisée sur la "sécurité" et non plus sur les coûts. Ce qui a commencé par une réorganisation du département ingénierie.

Cette culture du "zéro risque" a conduit GM à rappeler en un peu moins de cinq mois 15,8 millions de véhicules --un record dans le secteur-- à la moindre alerte mécanique.

La facture est salée: 1,3 milliard de dollars au seul premier trimestre. Et ce n'est pas fini.

Le premier constructeur américain, qui fait l'objet d'actions judiciaires de la part de familles de victimes, va mettre en place un plan d'indemnisations, a annoncé Mme Barra. Le groupe a embauché l'avocat Kenneth Feinberg, qui a déjà géré le dossier BP lors de la marée noire dans le golfe du Mexique.

Si l'image du groupe en a pris un coup, les investisseurs et les consommateurs restaient confiants. En mai, les ventes de GM sont remontées à leur niveau d'avant la crise et l'action a gagné 3,6% depuis le début des rappels.

lo/sl/are

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