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L'UE resserre les mailles contre la menace jihadistes

05/06/2014 09:30 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

L'UE prépare une série d'actions concrètes pour identifier les jeunes européens partis combattre en Syrie et les empêcher de commettre des tueries, a annoncé jeudi à Luxembourg le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove.

Une série de mesures "pertinentes" ont été retenues au cours d'une réunion de travail entre les ministres de l'Interieur de neuf pays --Belgique, France, Allemagne, Royaume Uni, Espagne, Italie, Danemark, Suède et Autriche-- spécialement consacrée à cette menace jeudi à Luxembourg en marge de la réunion formelle avec leurs homologues, a-t-il précisé.

L'objectif est de mieux identifier les candidats prêts à s'enrôler pour aller combatte en Syrie, les signaler aux autres pays de l'UE, rendre leur départ difficile, les suivre à leur retour et éventuellement les appréhender.

La nécessité de respecter un équilibre entre les impératifs de sécurité et les libertés civiles imposent un examen de faisabilité des mesures retenues, a-t-il souligné.

Un groupe de travail doit se réunir dans les dix jours pour un examen technique et juridique de ces mesures et des procédures qui devront être mises en oeuvre par les services de sécurité des Etats membres.

L'objectif est de parvenir à approuver ces mesures lors de la réunion informelle des ministres de l'Intérieur de l'UE organisée le 9 juillet à Milan par la présidence italienne de l'UE.

"Plus de 2.000 Européens sont partis ou veulent partir combattre en Syrie. Certains sont revenus. Cela ne veut pas dire que tous veulent mener des attaques, mais quelques-uns le feront", a répété M. de Kerchove.

La tuerie commise le 24 mai dans le musée juif de Bruxelles est venu le rappeler. L'auteur présumé de cette attaque est un jeune musulman français radicalisé. Il a été arrêté à Marseille (sud de France) six jours après l'attentat.

L'homme a séjourné en Syrie pendant près d'un an. Il avait été signalé par les autorités françaises dans le Système d'Information Schengen (SIS), mais il ne devait pas être arrêté à son retour. Les douaniers allemands qui, intrigués par la complexité de son voyage, l'ont contrôlé à son arrivée à Francfort ont donc signalé son retour aux autorités françaises, qui ont ensuite perdu sa trace, a-t-il expliqué.

Les nouvelles mesures doivent permettre de remédier à ces failles dans le dispositif de sécurité européen, a-t-il soutenu. Le filet européen doit resserrer ses mailles et c'est ce qui est en train d'être fait, a insisté Gilles de Kerchove

"Mais la sécurité à 100% ce n'est pas possible. Cela nécessiterait une dynamique sur le modèle américain avec le Patriot Act, ce que les Européens ne sont pas disposés à faire", a-t-il souligné.

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