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Les bouleversements dans les pays du Printemps arabe

05/06/2014 03:51 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Trois ans après le déclenchement du Printemps arabe, la Libye est plongée dans le chaos, la Syrie à feu et à sang voit Bachar al-Assad se maintenir au pouvoir après une présidentielle controversée et en Egypte, Abdel Fattah al-Sissi a été élu président après avoir éliminé toute opposition.

SYRIE

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à un conflit déclenché par une révolte pacifique qui s'est muée en une guerre civile face à la répression brutale menée par le régime. La guerre a fait plus de 162.000 morts, déraciné des millions de personnes et dévasté le pays.

Le régime, appuyé par le Hezbollah chiite libanais pro-iranien et des miliciens chiites étrangers, combat une rébellion composée de déserteurs, rejoints par des civils ayant pris les armes puis des jihadistes étrangers. Les rebelles sont en majorité sunnites, alors que le clan Assad est issu de la minorité alaouite, une branche du chiisme.

Face à des insurgés et une opposition profondément divisés, et des alliés arabes et occidentaux impuissants, une présidentielle a été organisée le 3 juin dans les régions sous contrôle du régime, soit 40% du territoire. Le scrutin, remporté par Bachar al-Assad, a été qualifié de "farce" par l'opposition et de "honte" par les Etats-Unis.

EGYPTE

Hosni Moubarak, au pouvoir pendant trois décennies, a été chassé du pouvoir après 18 jours de révolte populaire (près de 850 morts) et a remis ses pouvoirs le 11 février 2011 à l'armée.

En juin 2012, Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans et vainqueur de la présidentielle devient le premier islamiste et le premier civil à présider le pays.

Mais le 3 juillet 2013, après une année au pouvoir marquée par des crises et une forte contestation politique, Mohamed Morsi est renversé par l'armée dirigée par Abdel Fattah al-Sissi. Les Frères musulmans sont écrasés par la répression massive qui suit la destitution et l'emprisonnement de leur leader. Depuis, plus de 1.400 personnes, surtout des islamistes, ont été tuées et plus de 15.000 emprisonnées, dont la quasi-totalité de leurs leaders.

Le 3 juin, Abdel Fattah al-Sissi, qui avait pris sa retraite de l'armée pour se présenter à la présidentielle, a été proclamé vainqueur avec 96,9% des suffrages.

LIBYE

Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi par une révolte, en octobre 2011, les autorités de transition se montrent incapables de rétablir l'ordre et la sécurité dans un pays en proie aux violences meurtrières.

A la mi-mai, le général dissident Khalifa Haftar -- accusé de mener un coup d'Etat par les autorités et les islamistes -- a lancé une offensive destinée selon lui à éradiquer les "groupes terroristes" implantés dans l'est du pays, où en outre deux gouvernements se disputent le pouvoir.

TUNISIE

En Tunisie, premier pays du Printemps arabe, Zine El Abidine Ben Ali a fui son pays le 14 janvier 2011 pour l'Arabie saoudite, chassé par une révolte (plus de 330 morts) faisant suite à l'immolation par le feu mi-décembre 2010 d'un jeune marchand de Sidi Bouzid (centre-ouest) excédé par des humiliations policières répétées.

Après une année 2013, marquée par deux assassinats politiques et des violences attribuées à la mouvance jihadiste, le pays vit une relative accalmie depuis l'adoption d'une nouvelle Constitution fin janvier et la remise du pouvoir par les islamistes d'Ennahda à un gouvernement apolitique.

BAHREIN

Petit pays du Golfe dirigé par la dynastie sunnite des Al-Khalifa, Bahreïn est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation animé par la majorité chiite. Face à la poursuite du mouvement, le pouvoir a durci les sanctions pénales.

YEMEN

Le Yémen est le seul des pays du Printemps arabe où un soulèvement populaire a abouti à un départ négocié de l'ex-président, Ali Abdallah Saleh, en février 2012, après un an de contestation. Un accord de transition a permis à Abd Rabbo Mansour Hadi de lui succéder et un dialogue national s'est conclu en janvier par un accord sur un découpage du pays établissant une fédération.

Al-Qaïda a profité de l'affaiblissement du pouvoir central en 2011 pour renforcer son emprise dans le pays.

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