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Le taux de refinancement, principal outil de politique monétaire de la BCE

05/06/2014 08:45 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Le principal taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE), abaissé jeudi à 0,15%, un niveau inédit, est l'outil central dont elle dispose pour influer sur l'octroi de crédits et contrôler l'évolution des prix en zone euro.

Jamais la BCE n'avait fixé son taux directeur aussi bas. Depuis novembre, il stagnait à 0,25%.

Cet instrument, utilisé lors des principales opérations de refinancement par la BCE pour alimenter les banques en liquidités, est le baromètre du coût du crédit dans les 18 pays de l'union monétaire.

Les banques qui veulent se refinancer à court terme peuvent le faire en payant un intérêt sur la somme qu'elles empruntent auprès des banques centrales de leurs pays respectifs. Cet intérêt est calculé d'après le taux en cours à la BCE.

Les banques répercutent ensuite, en principe, ce loyer sur les intérêts des crédits qu'elles accordent à leurs propres clients. Plus le taux de la BCE est bas, plus le coût du crédit a des chances d'être bon marché ce qui, en théorie, favorise l'activité économique et la croissance.

A l'inverse, une hausse du taux du crédit permet théoriquement de ralentir la demande et par conséquent d'éviter une surchauffe génératrice d'inflation.

Or l'inflation en zone euro a reculé à 0,5% en mai après +0,7% en avril, selon une première estimation de l'office européen des statistiques Eurostat. Elle retrouve ainsi son niveau de mars, qui était aussi son plus bas en quatre ans et demi, et s'éloigne encore un peu plus de l'objectif de la BCE de maintenir la hausse des prix juste en dessous de 2%.

C'est pour répondre aux craintes d'une déflation, synonyme de baisse des prix mais aussi des salaires et au final de l'activité, que la BCE a abaissé jeudi son principal taux directeur.

D'autant que la reprise économique dans la région s'annonce lente et que l'euro a atteint début mai son plus haut niveau depuis octobre 2011, ce qui pèse sur les entreprises exportatrices et inquiète plusieurs pays membres de l'union monétaire.

La baisse du taux directeur, largement anticipée par les analystes, s'inscrit dans le cadre du "biais baissier" adopté par la BCE depuis juillet et par lequel elle s'était engagée à maintenir ses taux à leur niveau d'alors, voire à les diminuer encore en cas de nécessité.

Mais rien ne dit que la baisse du taux directeur suffira à soutenir la croissance en zone euro -de 0,2% au premier trimestre- alors que son président Mario Draghi explique depuis longtemps que la BCE connaît un problème de transmission de sa politique monétaire, en particulier dans les pays en crise du sud de la région, c'est-à-dire que ses décisions ne sont pas répercutées à l'économie réelle.

La BCE a également abaissé jeudi de 35 points de base son taux de prêt marginal, passé à 0,40% contre 0,75% auparavant. C'est celui auquel les banques empruntent pour 24 heures à ses guichets.

Elle a surtout fait passer en territoire négatif, à -0,10%, son taux de dépôt au jour le jour -celui auquel les banques stockent leurs liquidités excédentaires pour 24 heures dans ses caisses-, une mesure inédite et controversée, destinée à inciter les banques à prêter davantage aux entreprises et ménages et à faire baisser l'euro.

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