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Le nouveau match de George Weah pour "changer la vie" au Liberia

05/06/2014 01:48 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Quand vous interrogez George Weah sur son ambition de diriger le Liberia, l'ex-attaquant vedette parle avec passion de son pays, mais le football illumine toujours ses yeux.

Weah, aujourd'hui âgé de 47 ans, un des meilleurs footballeurs africains de l'histoire, est entré en politique il y a une quinzaine d'années, après une carrière exceptionnelle en Europe.

Il a commencé à fouler le terrain de la politique dans les années 1990, alors que son pays était en quête d'un sauveur.

Le Liberia a été dévasté par des guerres civiles de 1989 à 2003, quatorze années de conflits qui ont fait quelque 250.000 morts et ont ruiné l'économie. Onze ans plus tard, le chômage et l'analphabétisme y restent endémiques.

L'ex-star internationale, qui a arrêté de jouer l'année où les guerres ont pris fin, rêve maintenant d'une autre consécration. "Mes sympathisants veulent que je sois président de la République. Ils pensent que je peux changer leur vie", affirme t-il à l'AFP, au siège de son parti, à Monrovia.

Il confirme sa candidature à la présidentielle de 2017 et annonce qu'il sera aussi candidat aux sénatoriales d'octobre. Il avait été battu à la présidentielle de 2005, remportée par Ellen Johnson Sirleaf, première femme présidente d'Afrique.

Mme Sirleaf a été réélue en 2011, face à un "ticket" dans lequel Weah convoitait la vice-présidence. Elle l'a ensuite nommé "ambassadeur pour la paix".

Son intérêt pour la politique a commencé lors d'une rencontre avec l'ancien président sud-africain et icône de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela, dans le milieu des années 90, en pleine guerre civile.

Il plaide ensuite pour la paix au Liberia, appelant l'ONU à sauver son pays. Les rebelles le lui font payer cher: sa maison est brûlée à Monrovia et deux ses cousins pris en otages.

"Nous devons savoir ce que nous voulons. Nous avons été aidés par la communauté internationale (...) nous devons la convaincre que nous pouvons maintenant assurer nous-mêmes la paix et la stabilité", dit-il.

Le garçon miséreux devenu très riche reste un symbole d'espoir dans son pays où il est appelé "roi George".

Membre de l'ethnie Kru, une des principales du Liberia, concentrée dans le sud-est, George Weah a été élevé par sa grand-mère, sur le site marécageux d'un bidonville de Monrovia.

- Arsène Wenger, "comme un père" -

Après avoir raccroché les crampons, il joue chaque week-end pour le plaisir. "Je ne sais pas si c'est lié aux gens avec qui je joue, mais je suis encore plus puissant et plus rapide qu'eux", dit-il.

Son ascension a commencé quand, à 22 ans, il est extrait d'une petite équipe de football inconnue du Cameroun par Arsène Wenger, alors entraîneur de Monaco.

Pendant quatorze ans, il va jouer dans les plus grands clubs européens, amassant une fortune considérable.

En 1994-1995. Il est doublement consacré meilleur footballeur en Afrique et en Europe.

Il rejoint le Milan AC et devient le premier Africain à remporter le trophée du meilleur joueur mondial de la FIFA. Récemment, il a été consacré meilleur joueur africain du siècle.

Le plus mémorable de ses buts, avec le Milan AC, est une action solitaire qui l'a vu attraper la balle au point de pénalty avant de slalomer entre sept joueurs de Vérone (Italie) puis marquer.

"Pour éliminer ces puissants sept défenseurs., je vous assure que c'était dur", se souvient-il comme si le match venait de se terminer.

Il quitte Milan pour Chelsea, Manchester City puis Marseille et finalement Al Jazirah (Abu Dhabi) avant d'arrêter en 2003.

Arsène Wenger est l'homme qu l'a le plus marqué. "Mon entraîneur, mon guide, il était comme un père. Il est encore un des meilleurs entraîneurs au monde", dit-il de l'actuel entraîneur d'Arsenal.

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