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Kenya: 228 défenses d'éléphants, soit 2 tonnes d'ivoire, saisies à Mombasa

05/06/2014 11:02 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Plus de 200 défenses d'éléphants, représentant plus de deux tonnes d'ivoire, ont été saisies jeudi dans un entrepôt de la ville portuaire kényane de Mombasa, a annoncé le Service kényan de la Faune sauvage (KWS).

"Une équipe conjointe de la police et du KWS a mis la main jeudi sur 228 défenses entières cachées dans un entrepôt; 74 morceaux d'ivoire ont également été découverts", a indiqué le KWS dans un communiqué, précisant que cette saisie représentait un poids de 2,152 tonnes.

"C'est la plus importante saisie d'ivoire effectuée cette année dans la ville portuaire de Mombasa, étape connue de la contrebande d'ivoire", a souligné le KWS, précisant que deux suspects, dont le propriétaire de l'entrepôt, avaient été arrêtés.

"Les autorités s'apprêtent à inculper les suspects pour possession et commerce illégaux de trophées d'une espèce protégée", des faits passibles de la prison à vie ou de 20 millions de shillings (environ 170.000 euros) d'amende, selon l'organisme chargé de la protection de la vie sauvage.

Le Kenya a récemment durci sa législation contre braconniers et trafiquants qui ne risquaient jusqu'ici que des peines très légères.

Il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir si l'ivoire saisie a été prélevée sur des éléphants kényans ou de pays alentour, ni de se prononcer sur sa destination, avait indiqué à l'AFP dans la matinée Paul Muya, un porte-parole du KWS.

Le Kenya est non seulement un haut-lieu du braconnage de l'éléphant d'Afrique mais aussi un important point de passage du trafic de l'ivoire prélevée sur les pachydermes abattus dans la région.

En avril, un Kényan et un Guinéen ont été arrêtés à Nairobi, avec 131 pièces d'ivoire dans leur véhicule, et en 2013, les autorités kényanes avaient effectué plusieurs saisies massives d'ivoire à Mombasa, représentant au total plus de 10 tonnes, dans des conteneurs destinés à la Turquie, la Malaisie ou l'Indonésie.

L'interdiction mondiale du commerce de l'ivoire en 1989 avait permis un temps d'endiguer le massacre des éléphants d'Afrique, mais le braconnage a explosé depuis la fin des années 2000, alimenté par une forte demande d'ivoire en Asie et au Moyen-Orient.

Le trafic mondial d'ivoire est estimé à environ 10 milliards de dollars (sept milliards d'euros) par an, suscitant l'intérêt de réseaux criminels internationaux qui équipent désormais les braconniers locaux d'armement moderne.

Le nombre d'éléphants sur le continent africain est actuellement estimé à quelque 472.000 individus, contre deux millions au début des années 1970. Outre le braconnage, la survie des éléphants d'Afrique est également menacée par la destruction de leur habitat et les conflits avec les populations locales.

Le KWS estime qu'il reste 38.000 éléphants et un millier de rhinocéros au Kenya. Depuis le début de l'année, 97 éléphants et 20 rhinocéros ont été abattus par des braconniers, selon le KWS qui avait recensé 302 éléphants et 59 rhinocéros tués sur l'ensemble de l'année 2013, des chiffres que certains défenseurs de la nature estiment largement sous-estimés.

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