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GB: l'Ukip ravit la vedette à l'occasion d'une législative partielle

05/06/2014 06:53 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Le parti populiste britannique Ukip tentait jeudi de remporter son premier siège à la Chambre des Communes, lors d'une élection partielle dans un fief conservateur à Newark, et pourra toujours se prévaloir d'avoir ravi la vedette, même en cas de défaite.

Si les Tories sont favoris de ce scrutin dans cette circonscription du centre de l'Angleterre, les sondages placent en deuxième position le parti de Nigel Farage, qui devrait au moins confirmer son statut de "trouble-fête".

Signe de la nervosité conservatrice face au danger Ukip, le Premier ministre David Cameron a fait quatre fois le déplacement dans cette ville pittoresque et prospère, où les habitants ont aussi assisté au défilé de dizaines de députés conservateurs ces dernières semaines.

Un millier de militants tories devaient être présents jeudi selon les médias, pour soutenir leur candidat, Robert Jenrick, 32 ans, face au représentant de l'Ukip, Roger Helmer, 70 ans, élu au Parlement européen depuis 1999.

Les bureaux de vote devaient fermer à 22h00 (21h00 GMT) et les résultats étaient attendus vendredi matin.

Le siège, laissé vacant par la démission du député Patrick Mercer en avril à la suite d'un scandale de lobbying, avait été remporté en 2010 par le candidat conservateur devant l'opposition travailliste. Le candidat de l'Ukip n'était alors qu'en quatrième position avec un minuscule 3,8%.

Quatre ans après, le rapport de forces a changé. Le discours anti-UE, anti-immigration et anti-élites de l'Ukip séduit de plus en plus. Le parti de Nigel Farage a engrangé plusieurs succès électoraux, jusqu'au "séisme" des élections européennes il y a quinze jours, qu'il a remportées devant les trois partis traditionnels, avec 24 sièges.

Nigel Farage s'efforce désormais de trouver des alliés pour constituer un groupe au Parlement européen: il est en discussions avec l'Italien Beppe Grillo mais ne veut rien "avoir à faire" avec le FN.

Fort de cette victoire historique aux européennes, --depuis 1906, aucun autre parti que ceux des conservateurs et des travaillistes n'avait remporté un scrutin national--, le leader populiste vise désormais le Parlement de Westminster et les prochaines élections législatives en 2015, forteresse longtemps considérée comme imprenable pour ce parti autrefois marginal.

Lui-même a prévu de se présenter dans une circonscription du sud-est de l'Angleterre. Le parti va concentrer ses efforts sur "deux ou trois dizaines" de sièges de députés, et espère en remporter "une poignée".

Car le scrutin uninominal majoritaire à un tour favorise les formations nationales aux dépens des petits partis.

Nigel Farage, qui se trouvait mercredi à Malte, était attendu jeudi après-midi à Newark, où quelque 200 militants de son "armée populaire" devaient être à pied d'oeuvre.

Lors de son dernier passage à Newark samedi, il avait déclaré tout sourire à l'AFP: "Les Européennes ont été un séisme. Si on gagne jeudi, ce sera Krakatoa!", en évoquant ce volcan indonésien dont l'éruption a fait plus de 36.000 morts en 1883.

Selon les sondages, le Labour devrait être relégué par l'Ukip en troisième position lors de cette élection, qui devrait aussi confirmer la dégringolade des Libéraux-démocrates (4e).

Car les succès de Nigel Farage mettent en difficulté l'ensemble des trois principaux partis: David Cameron est poussé à des positions de plus en plus eurosceptiques. Le Labour d'Ed Miliband est mis sous pression sur la question de l'organisation d'un référendum d'appartenance à l'UE, et l'Ukip gagne du terrain sur leurs fiefs du nord du pays. Et les "lib-dems" europhiles sont en chute libre.

Soucieux de se distinguer de ces formations de "l'establishment", Nigel Farage soigne son image d'homme de terrain au parler vrai, aimant boire des bières au pub. Et s'est efforcé ces dernières semaines de débarrasser son parti des accusations de racisme, de machisme et d'homophobie.

Jeudi encore, l'Ukip a été qualifié de "xénophobe" par le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia. "Il n'est pas étonnant que nous soyons attaqués par la Commission européenne, étant donné la menace que nous représentons pour son existence", a rétorqué une porte-parole du parti.

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