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Discrète rencontre entre Lagarde et un ministre grec à Paris (FMI)

05/06/2014 12:11 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde et le ministre grec des Finances Yannis Stournaras se sont discrètement rencontrés mardi à Paris en pleine spéculation sur un nouveau plan d'aide à Athènes, a reconnu le Fonds jeudi.

"Une rencontre a eu lieu à Paris mardi entre Mme Lagarde et M. Stournaras (...) Les discussions ont porté sur l'avenir de la Grèce et sur des sujets d'intérêt commun", a déclaré le porte-parole du FMI, Gerry Rice, sans plus de détails.

Avec un an de retard sur le calendrier initial, le FMI a débloqué 3,4 milliards d'euros de prêts à Athènes la semaine dernière dans le cadre du plan de sauvetage financier du pays mais a annoncé le report de la publication de l'audit des comptes grecs qui était prévu jeudi.

Le porte-parole du Fonds a avancé des raisons "internes" purement techniques et nié tout lien avec la rencontre entre Mme Lagarde et le ministre grec.

"Ce n'est pas inhabituel pour la direction (du FMI) de rencontrer des ministres, des ministres des Finances de temps en temps (...) Nous ne communiquons pas sur l'ensemble de ces rencontres privées", a assuré M. Rice, ajoutant que le rapport serait publié dans les "prochains jours".

La rencontre intervient alors que l'Allemagne vient de remettre sur la table l'hypothèse d'un troisième plan d'aide à la Grèce, sous assistance financière depuis 2010 et toujours en proie à une profonde crise économique.

Les partenaires européens de la Grèce et le FMI ont déjà accordé deux plans d'aide à Athènes, soit 240 milliards d'euros de prêts, en contrepartie de profondes réformes et coupes budgétaires.

Interrogé sur cette hypothèse, le porte-parole du Fonds a indiqué que le FMI se focalisait sur son plan d'aide qui "court jusqu'en 2016". Le prochain audit des comptes grecs doit s'achever "après l'été", a-t-il précisé.

L'assistance financière de Bruxelles doit, elle, prendre fin cette année et les Européens se sont engagés à adopter des mesures supplémentaires, le cas échéant, pour faire baisser la dette grecque qui représente actuellement environ 175% de son produit intérieur brut.

Le report de la publication de l'audit des comptes grecs intervient alors que le Premier ministre conservateur Antonis Samaras, à la tête d'une coalition avec les socialistes, prépare un remaniement après sa défaite aux élections européennes.

La question du maintien du ministre des Finances Yannis Stournaras dans le gouvernement est posée.

Un premier changement symbolique est intervenu jeudi avec la démission du "M. impôts" grec, le secrétaire général aux revenus publics du ministère, Haris Theoharis.

Nommé début 2013 pour cinq ans à ce poste créé sous la pression des créanciers de la Grèce afin de rebâtir un système fiscal grec échappant aux influences politiques, M. Theoharis affirme partir de son plein gré.

La Commission européenne a cependant souligné dans un communiqué que ce départ était une "source d'inquiétude sérieuse".

Avec la Banque centrale européenne et le FMI, "nous continuerons de surveiller étroitement les engagements du gouvernement grec visant à une administration fiscale plus autonome et à une procédure de nomination des cadres de l'administration rigoureuse, transparente et fondée sur le mérite", a noté la Commission.

Le gouvernement grec a également suspendu brusquement, mercredi, les travaux du Parlement qui reprendront dans le courant du mois pour la session d'été, suscitant les vives critiques de la gauche radicale Syriza arrivée en tête aux européennes.

"Nous ne prévoyons pas d'obstacle législatif majeur", a répondu le porte-parole du FMI interrogé sur d'éventuelles conséquences de ce nouveau calendrier parlementaire sur les mesures à prendre par la Grèce au titre des réformes qui restent à mener.

jt-smk/sam

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