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Canada: 24 heures de traque du tueur présumé de 3 policiers

05/06/2014 05:59 EDT | Actualisé 05/08/2014 05:12 EDT

Les forces de l'ordre canadiennes traquaient toujours jeudi en fin de journée un jeune homme armé de deux fusils qui a abattu la veille trois policiers et blessé deux autres à Moncton, dans l'est du Canada.

La principale ville de la province du Nouveau-Brunswick est largement paralysée par cette vaste chasse à l'homme. Un périmètre de 10 km2 au nord-est du centre de Moncton est bouclé par quelques centaines de policiers, assistés de véhicules blindés légers, d'un support aérien avec des hélicoptères et des brigades canines.

"La priorité est de localiser et d'arrêter le suspect", a déclaré jeudi Chantal Farrah, porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), lors d'une conférence de presse en demandant à la population de rapporter aux enquêteurs le moindre élément susceptible de favoriser la capture du fugitif qui connaît parfaitement le secteur.

Les policiers ont bien cru tenir le suspect jeudi à la mi-journée quand, suite à un de ces renseignements anonymes, un véhicule blindé couvrant une dizaine d'hommes casqués et vêtus de gilets pare-balles s'est avancé vers une maison en bordure du périmètre sécurisé.

Un petit véhicule robotisé équipé de caméras et de capteurs avait été dirigé vers la maison préalablement au déploiement policier. Peine perdue, moins d'une heure après ce déploiement de force autour de la petite maison grise, le dispositif était levé.

Le suspect --identifié par la GRC comme étant Justin Bourque-- est un jeune homme de 24 ans résidant dans un ensemble de maisons mobiles en bordure de la ville et à quelques encablures de la rue où le drame s'est déroulé.

- En treillis et armé de deux fusils -

Sur des clichés pris mercredi, Justin Bourque apparaît en treillis de camouflage, les cheveux mi-longs de couleur claire retenus par un bandeau, et une barbe naissante. Dans la main droite, il tient un fusil automatique, et en porte un autre dans le dos avec un sac à dos kaki sur les épaules.

C'est avec ces armes qu'il a fait face aux forces de l'ordre en plein quartier résidentiel, avant de faire feu et de tuer trois policiers et d'en blesser deux autres mercredi à 19h30 locales (22h30 GMT).

Chantal Farrah a indiqué qu'un des blessés avait quitté jeudi l'hôpital, et le pronostic vital n'est pas engagé pour le second.

La police fédérale s'appuie dans sa traque sur la photo du suspect largement relayée sur les télévisions et les réseaux sociaux, afin de recueillir le moindre élément qui lui permettra de mettre fin à cette cavale.

Les habitants ont été priés de se barricader chez eux et pour ceux qui n'avaient pas pu rentrer à la maison de trouver refuge chez leurs amis ou dans leur famille à l'extérieur de la zone bouclée.

Les rues désertées du périmètre de sécurité dans une zone boisée de cette ville acadienne sont uniquement sillonnées par les voitures de patrouille ou par des véhicules blindés des sociétés de transport de fonds réquisitionnés pour déplacer les policiers.

La police fédérale vit sa pire tragédie depuis l'assassinat en mars 2005 de quatre agents de la GRC. A la différence des États-Unis voisins, le Canada est en effet relativement épargné par les fusillades.

Les écoles et administrations de Moncton ont été fermées, la distribution du courrier est suspendue, de nombreux commerces ont tiré leur rideau et les vols à l'aéroport local accusaient des retards en raison des fouilles renforcées.

Sur ce qui pourrait être sa page Facebook, Justin Bourque aurait posté juste avant l'heure de la tuerie les extraits du titre de la chanson "Hook in mouse" du groupe de rock metal américain Megadeth. Le refrain décline chaque lettre du mot "Liberté" sur des phrases de haine et de rejet pour terminer sur : "cela s'épelle liberté, cela ne signifie rien pour moi". Sur la même page, plusieurs messages de haine de la police ou des institutions sont également visibles.

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