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Une délégation yéménite au Sénat pour demander le soutien de la France

04/06/2014 10:19 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Une délégation yéménite s'est rendue mercredi au Sénat pour demander le soutien de la France alors que son pays affronte une guerre avec Al-Qaïda au sud et une rébellion chiite au nord.

"Nous avons le sentiment que la situation se complique et nous avons besoin de la solidarité internationale", a déclaré à l'AFP le chef de la délégation Raheh Badi, conseiller du Premier ministre yéménite et porte-parole du gouvernement.

"Sinon tous les acquis du Printemps arabe vont être perdus et si l'Etat s'effondrait, la facture sera très élevée, pour tous", a-t-il souligné.

"Nous menons une guerre sans répit avec Al-Qaïda dans le sud du pays. Nous avons un autre front au nord, contre les Houthis, un groupe armé chiite soutenu par l'Iran", a-t-il dit.

La délégation s'est également rendue à l'Assemblée nationale, au ministère des Affaires étrangères et à Matignon.

"Le Yémen a besoin à la fois de l'Agence française au développement (AFD), pour l'aide technique, et aussi que la France intervienne auprès des grands pays donateurs, en particulier ceux du Golfe, pour qu'ils tiennent leurs promesse", a souligné la présidente du groupe d'amitiés France-Yémen, la sénatrice centriste Nathalie Goulet.

En 2013, la conférence des pays donateurs avait promis 7,9 milliards de dollars sur 2 ans. Aujourd'hui le Yémen n'en a perçu que 2 milliards, a indiqué la sénatrice.

Al-Qaïda a profité de l'affaiblissement du pouvoir central en 2011 au Yémen, à la faveur de l'insurrection populaire contre l'ancien président Ali Abdallah Saleh, pour renforcer son emprise dans le pays.

L'armée a lancé fin avril une offensive pour tenter de déloger les combattants du réseau de leurs fiefs dans les provinces sudistes d'Abyane et de Chabwa.

De leur côté, les rebelles chiites d'Ansarullah sont fortement implantés dans le nord du pays et contrôlent la province de Saada. Ils sont soupçonnés de chercher à gagner du terrain pour élargir leur zone d'influence dans le futur Etat fédéral, qui doit compter six provinces.

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