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Tiananmen: 200.000 personnes attendues à Hong Kong, Taïwan appelle la Chine à se réformer

04/06/2014 07:37 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Quelque 200.000 personnes devaient commémorer mercredi soir à Hong Kong la répression meurtrière du "Printemps de Pékin", il y a 25 ans, seule manifestation de ce type sur le sol chinois, tandis que Taïwan, autrefois chinois, a appelé son puissant voisin à se réformer.

Comme chaque année, des dizaines de milliers de Hongkongais mais aussi un nombre croissant de Chinois du continent se rassembleront en soirée dans le parc Victoria pour une veillée aux chandelles, 25 ans après le 4 juin 1989, en hommage aux victimes de Tiananmen.

"La colère et les larmes autour du massacre sont encore très présents" dans nos mémoires, a indiqué à l'AFP Lee Cheuk-yan, président de l'Alliance de soutien aux mouvements démocratiques de Chine. "L'émotion autour de mouvement démocratique de 1989 a représenté un moment d'espoir, puis le massacre a entraîné le désespoir. Quand vous êtes passés par tout ça, vous ne pouvez pas oublier".

A Taïwan, le président Ma Ying-jeou, artisan du dégel entre son île et la Chine, a appelé Pékin à lancer des réformes politiques pour que la répression du mouvement démocratique de Tiananmen ne se reproduise pas.

"J'espère sincèrement que les autorités du continent (Chine populaire, NDLR) corrigeront rapidement leurs erreurs pour faire en sorte qu'une telle tragédie ne se répète pas", a déclaré le chef d'Etat dans son traditionnel communiqué marquant cet anniversaire.

Pékin considère Taïwan comme lui appartenant et n'a pas renoncé à la réunification, par la force si nécessaire. Mais les relations entre les deux territoires se sont apaisées depuis l'élection en 2008 de Ma Ying-jeou, réélu en 2012.

- Une réplique grandeur nature d'un char -

Les députés prodémocratie du parlement hongkongais, vêtus de noir, ont observé mercredi une minute de silence. Dans le quartier très commerçant de Causeway Bay, où de nombreux touristes de Chine continentale font leurs achats, activistes et étudiants ont installé la réplique grandeur nature d'un char, pour symboliser l'arrivée des tanks sur l'immense place de Pékin.

Hong Kong est la seule région de Chine qui marque chaque année l'anniversaire de Tiananmen.

En un quart de siècle, le Parti communiste chinois (PCC) est parvenu à instaurer en Chine continentale un silence d'Etat sur la révolte des étudiants chinois et l'écrasement par l'armée, objets d'une censure drastique. Une partie de la jeunesse chinoise en ignore jusqu'à l'existence.

Mais Hong Kong jouit d'un statut à part. L'ancienne colonie britannique a été rendue à la Chine le 1er juillet 1997 selon un accord intitué "un pays, deux systèmes".

Ce territoire du Sud a conservé sa monnaie et son système judiciaire ainsi qu'une liberté de la presse et de parole inconnues en Chine continentale, selon une Constitution qui lui est propre, et ce pour 50 années.

Au printemps, le territoire a ouvert son premier musée consacré au 4 juin 1989.

"Des centaines de milliers de personnes à Hong Kong peuvent questionner les autorités et condamner le massacre. Il est très important que nous puissions parler au nom de ceux qui sont en Chine" continentale", a souligné Lee Cheuk-yan.

Il y a 25 ans, Lee se trouvait au Beijing Hotel, qui surplombait la place Tiananmen. "Je me souviens du moment où toutes les lumières de la place se sont éteintes, c'était l'obscurité totale et on entendait les coups de feu".

"Ce fut l'heure la plus sombre de ma vie, lorsque vous pensez que des milliers d'étudiants sont supprimés par les soldats. Vous ne savez pas ce qui se passe", a ajouté le militant.

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