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Sous le feu des critiques, le président burundais dément "rumeurs et "mensonges"

04/06/2014 03:43 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Critiqué par la communauté internationale, le président burundais Pierre Nkurunziza a nié mercredi dans un entretien à l'AFP toute détérioration du climat politique dans son pays, dénonçant "rumeurs" et "mensonges" avant les élections présidentielle et législatives prévues l'an prochain.

"Le climat politique est favorable pour les élections de 2015" qui "s'annoncent positives", a affirmé le président burundais, reconnaissant tout au plus "une petite fièvre, une petite tension".

Interrogé sur son éventuelle candidature à un troisième mandat, interdit par la Constitution, le président burundais a renvoyé cette décision au parti au pouvoir, seul à même selon lui de choisir son candidat. "C'est une question prématurée", a-t-il jugé.

En début de semaine, plusieurs hauts diplomates en charge des Grands Lacs avaient dénoncé, dans un communiqué, les "entraves aux libertés" et aux activités de l'opposition au Burundi.

"Il n'y a pas au Burundi de frein à la liberté d'expression", a rétorqué le président Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005. "La liberté, oui, mais on doit respecter les droits des autres, sinon, c'est punissable par la loi et c'est ce qui a été fait."

Le mois dernier, 48 opposants burundais ont été condamnés à des peines de prison pour "participation à un mouvement insurrectionnel". Et mi-mai, le président de la principale organisation des droits de l'Homme du pays, Pierre Claver Mbonimpa, a été écroué pour "atteinte à la sûreté de l'Etat" après avoir affirmé que de jeunes Burundais recevaient une formation militaire dans l'est de la République démocratique du Congo, assurée par un officier des services secrets burundais.

Selon le président burundais, l'affaire Mbonimpa, dont l'ONG Human Rights Watch a réclamé la libération immédiate, est "un dossier qui suit son cours normal selon la procédure pénale au Burundi".

Mi-avril, le Burundi, qui a connu une guerre civile entre 1993 et 2005, avait expulsé un diplomate de l'ONU après la diffusion d'une note interne selon laquelle le gouvernement armerait certains de ses militants.

"Nous démentons avec la dernière énergie ces mensonges. (...) A chaque élection il y a des rumeurs", a affirmé le président.

"La décision prise était opportune compte tenu de la gravité du faux rapport dressé à ses supérieurs" par le diplomate de l'ONU, a-t-il assuré.

Mercredi, Bujumbura a annoncé l'expulsion d'un deuxième membre du bureau local de l'ONU, arrêté avec des munitions à l'aéroport.

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