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Obama à Varsovie affiche son soutien au président élu ukrainien Porochenko

04/06/2014 06:23 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Le président Barack Obama a affiché mercredi à Varsovie son soutien au président élu ukrainien pro-occidental Petro Porochenko, qu'il a assuré du soutient des Etats-Unis en dénonçant les "sombres manoeuvres" de la Russie en Ukraine, avant de partir pour Bruxelles.

"Les Etats-Unis sont résolument engagés aux côtés du peuple ukrainien, pas seulement dans les prochains jours ou les prochaines semaines, mais dans les années à venir", a-t-il déclaré après sa rencontre avec M. Porochenko qui effectue à Varsovie son premier déplacement à l'étranger depuis son élection le 25 mai.

Intervenant par la suite devant une quarantaine de chefs d'Etat et dirigeants réunis devant le château royal de Varsovie pour célébrer le 25e anniversaire des premières élections démocratiques en Pologne, il a dénoncé "l'agression" de la Russie en Ukraine.

"Nous n'accepterons jamais l'occupation de la Crimée par la Russie, ni les violations de la souveraineté de l'Ukraine", a-t-il dit,

"Comme nous l'a rappelé l'agression de la Russie en Ukraine, nos nations libres ne peuvent s'éloigner de notre idéal commun d'une Europe libre et en paix", a-t-il martelé, soulignant à cet égard que l'histoire de la Pologne, ancien pays du bloc soviétique, avait montré que la "liberté n'était pas automatiquement garantie".

La veille, M. Obama avait annoncé un plan de sécurité à un milliard de dollars "pour rassurer l'Europe", prévoyant le déploiement de nouvelles forces américaines, terrestres, aériennes et navales, en Europe de l'Est.

A Bruxelles, les ministres de la Défense des pays de l'Otan ont salué ce plan de sécurité et se sont accordés mardi sur des mesures supplémentaires pour rassurer, sur le long terme, les pays alliés d'Europe de l'Est.

La Pologne "ne se retrouvera jamais seule", a assuré le président Obama, de même que les trois pays baltes, Estonie, Lettonie, Lituanie, et la Roumanie, tous placés sous le parapluie de l'Otan, mais inquiets de la crise ukrainienne.

Le président français François Hollande devait de son côté arriver mercredi en fin de matinée à Varsovie où il doit également rencontrer M. Porochenko.

- Efforts inutiles -

Au premier jour de sa visite en Pologne, M. Obama a souligné que ses efforts pour rétablir la confiance avec Moscou avaient été rendus inutiles par les actions du président russe Vladimir Poutine en Ukraine. "Il est juste de dire que la reconstruction de la confiance prendra un certain temps", a-t-il commenté.

Le président Poutine a de son côté affirmé mercredi que "la politique la plus agressive, la plus sévère, c'est la politique américaine".

"Nous n'avons presque pas de forces militaires à l'étranger et regardez: partout dans le monde, il y a des bases militaires américaines (...) Ils prennent part aux affaires intérieures de tel ou tel pays: donc il est difficile de nous accuser de violation", a-t-il déclaré mercredi à la radio Europe1.

Trois soldats ukrainiens ont été blessés dans un assaut à l'arme lourde mené pendant la nuit de mardi à mercredi par des centaines d'insurgés pro-russes à Lougansk, dans l'Est, ont annoncé les autorités ukrainiennes.

La Russie a toujours rejeté les accusations sur son implication dans la déstabilisation de l'Ukraine et exige que Kiev cesse son "opération punitive" dans l'Est.

L'offensive lancée depuis près de deux mois par Kiev a fait plus de 200 morts parmi les insurgés, les forces ukrainiennes et la population civile.

La visite de M. Obama en Pologne sera suivie d'un sommet du G7 à Bruxelles, mercredi soir et jeudi, convoqué après la décision des Occidentaux d'annuler le G8 de Sotchi (Sud de la Russie) et de suspendre la Russie de ce groupe à la suite du rattachement de la Crimée à son territoire.

Vendredi auront lieu les célébrations du 70e anniversaire du débarquement en Normandie (ouest de la France), auxquelles M. Hollande a invité son homologue russe.

En Normandie, M. Obama va donc retrouver M. Poutine.

Les responsables américains ont cependant souligné que, contrairement au président Hollande, au Premier ministre britannique David Cameron et à la chancelière allemande Angela Merkel, Obama n'accordera pas à son homologue russe l'honneur d'un entretien en tête-à-tête. Les deux hommes d'Etat ont déjà eu l'occasion de s'entretenir plusieurs fois au téléphone depuis le début de la crise ukrainienne.

En revanche, le secrétaire d'Etat américain John Kerry rencontrera son homologue russe Sergueï Lavrov jeudi à Paris, a déclaré Jennifer Psaki, porte-parole du Département d'Etat.

Pour sa part, le président François Hollande dînera jeudi soir avec Barack Obama dans un restaurant parisien avant de souper dans la foulée au palais de l'Elysée avec Vladimir Poutine.

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