NOUVELLES

Liban: Kerry appelle à l'élection d'un président doté d'un "véritable pouvoir"

04/06/2014 01:17 EDT | Actualisé 04/08/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a appelé mercredi à Beyrouth à l'élection d'un président libanais doté d'un "véritable pouvoir", jugeant "inquiétante" la vacance de ce poste depuis fin mai en raison des divisions dans le pays.

"Il est regrettable que le Parlement n'ait pas pu élire un président (avant la fin du délai du 25 mai) conformément à la Constitution, et aujourd'hui il est très important de combler ce vide", a affirmé M. Kerry lors d'une conférence de presse après avoir rencontré le Premier ministre Tammam Salam.

"Je dois dire que la situation politique et l'impasse actuelle au Liban sont très inquiétantes", a-t-il précisé, alors que les deux camps rivaux sur la scène politique libanaise n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le profil du futur chef de l'Etat.

"Nous avons besoin d'un gouvernement libre de toute influence étrangère et d'un président doté d'un véritable pouvoir", a poursuivi le chef de la diplomatie américaine, assurant le gouvernement de M. Salam du soutien de l'administration Obama.

Le Liban est sans président depuis le départ de Michel Sleimane le 25 mai, un scénario que le pays a connu en 1988, en pleine guerre civile, et en 2007. Le gouvernement assume les pouvoirs exécutifs jusqu'à l'élection d'un nouveau président par le Parlement qui reste en session ouverte.

La paralysie politique est due à un important clivage entre les deux principaux camps: celui hostile au régime syrien et au mouvement chiite armé Hezbollah et celui emmené par le Hezbollah, bête noire de Washington. Le premier est appuyé par les Etats-Unis et l'Arabie saoudite et le second par Damas et Téhéran.

Les deux camps sont divisés essentiellement sur la question de l'arsenal du Hezbollah et de son implication dans la guerre syrienne aux côtés du régime de Bachar al-Assad.

Au Liban, le choix du président a quasiment toujours été dicté par des puissances étrangères, et en particulier par la Syrie, puissance tutélaire durant 30 ans jusqu'au retrait de ses troupes du pays en 2005.

Malgré le conflit qui ravage la Syrie depuis trois ans, le régime de Damas a toujours son mot à dire au Liban à travers ses alliés, notamment le Hezbollah.

nr/ram/cco

PLUS:hp