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Des élus FN, FPÖ et Ataka à une discrète réunion prorusse à Vienne

04/06/2014 03:07 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

Des élus du Front national français (FN), du FPÖ autrichien et du sulfureux parti bulgare Ataka ont rencontré à Vienne des ultra-nationalistes russes, selon des informations de presse en partie confirmées mercredi à l'AFP par un participant à cette réunion.

celle-ci, qui s'est déroulée samedi 31 mai au palais Liechtenstein, un édifice prestigieux, avait pour thème "l'avenir des valeurs fondamentales de la civilisation chrétienne en Europe, comme la famille", a déclaré en réponse à l'AFP le géopolitologue Aymeric Chauprade, nouveau député européen du Front national.

Selon plusieurs journaux autrichiens revenant mercredi sur une information donnée mardi par le quotidien suisse Tagesanzeiger, la rencontre a été organisée par l'oligarque russe Constantin Malofeev.

Heinz-Christian Strache (FPÖ), interrogé par la presse autrichienne, a confirmé à demi-mots sa participation, soulignant le caractère privé de la réunion.

Parmi les participants figuraient aussi, d'après la presse, le Bulgare Volen Siderov, chef du parti Ataka connu pour sa rhétorique nationaliste virulente et contre les minorités, ainsi que la députée française Marion Maréchal-Le Pen.

"J'ai participé personnellement à cette réunion la journée du samedi, mais pas Marion Maréchal-Le Pen", a démenti Aymeric Chauprade dans un échange de messages avec l'AFP : "L'article autrichien que j'ai vu comporte des erreurs."

Interrogé sur la présence du chef d'Ataka, parti avec lequel le FN dit exclure toute alliance, M. Chauprade a répondu ne "pas l'avoir vu, dans une réunion qui comptait près de 100 personnes".

La direction d'Ataka, interrogée par l'AFP à Sofia, n'était pas en mesure de confirmer ou d'infirmer la présence de son chef à Vienne. La dispersion des voix nationalistes et populistes aux élections européennes, en mai, a privé ce parti de toute représentation au Parlement européen.

Le Tagesanzeiger, qui dit disposer de deux sources indépendantes, évoque aussi la présence, entre autres, du royaliste espagnol Sixte-Henri de Bourbon-Parme et du Russe Alexandre Douguine, promoteur de la doctrine "eurasiste", une sorte d'alliance entre l'Europe et l'Asie sous direction russe.

M. Douguine, auquel il est prêté une forte influence auprès de certains conseillers du président russe Vladimir Poutine, assurait en avril 2013 pouvoir compter sur "une cinquième colonne prorusse en Europe", en l'occurrence "des intellectuels européens qui veulent renforcer leur propre identité".

Dans ce même entretien diffusé par la télévision en ligne Russia.ru, il préconisait que la Russie fasse de l'Europe "un protectorat".

La présidente du FN, Marine Le Pen, a réclamé mardi "l'amélioration des relations avec la Russie", dans une interview accordée à la télévision russe REN-TV, opposant "le modèle libéral tel qu'il est imposé par les Etats-Unis à l'ensemble du monde, et un modèle patriotique, le modèle d'un Etat stratège développé par la Russie".

cs/bds

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