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Tuerie antisémite de Bruxelles: le Français Nemmouche dans l'attente de son extradition en Belgique

03/06/2014 06:35 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

La justice française a prolongé mardi la garde à vue du responsable présumé de la tuerie du Musée juif de Bruxelles, le Français Mehdi Nemmouche, en attente d'extradition vers la Belgique.

L'arrestation de ce Français de 29 ans, au profil de délinquant, a mis en lumière le rôle joué par la prison dans le processus de radicalisation islamiste et la menace que représentent à leur retour en Europe les milliers de jihadistes partant combattre en Syrie.

Le 24 mai, un homme fait irruption dans le hall du Musée juif de Bruxelles et tiré à plusieurs reprises avec une kalachnikov tuant un couple d'Israéliens et une retraitée française. Un jeune employé belge, très grièvement blessé, est toujours entre la vie et la mort.

Le 30 mai, Mehdi Nemmouche est arrêté par des douaniers à Marseille (sud de la France) alors qu'il se trouve dans un autocar en provenance d'Amsterdam via Bruxelles. Il a été placé en garde à vue et il est interrogé depuis par les agents du contre-espionnage français.

Mardi, la justice française a prolongé de 24 heures sa garde à vue avant une présentation mercredi devant un magistrat qui devrait lui notifier son mandat d'arrêt européen.

Alors qu'il devait de nouveau être entendu mardi matin, Mehdi Nemmouche a refusé de sortir de sa cellule, selon son avocat.

Selon toute vraisemblance, il sera placé mercredi en détention, sous écrou extraditionnel, le temps de la procédure dont la durée dépendra notamment de l'accord de Mehdi Nemmouche pour être extradé vers la Belgique. Un accord qu'il prévoit jusqu'à présent de donner, avait indiqué mardi matin son avocat.

L'enquête va désormais se poursuivre des deux côtés de la frontière. En France, confrontés au mutisme de Mehdi Nemmouche, les enquêteurs entendent élucider les raisons pour lesquelles il s'est rendu à Marseille.

Voulait-il se rendre chez une connaissance pour "se mettre au vert" ? Sa famille étant d'origine algérienne, voulait-il embarquer pour fuir la France en bateau? Envisageait-il de frapper encore ?

Mais c'est surtout en Belgique que l'enquête va désormais se dérouler. Même si les enquêteurs n'ont guère de doute, les expertises balistiques devront dire si les armes retrouvées sur le suspect à Marseille sont bien celles utilisées à Bruxelles.

Les Belges vont également se pencher sur le réseau relationnel de Mehdi Nemmouche dans ce pays, place forte des candidats au jihad en Syrie. Dimanche, les enquêteurs belges ont mené des perquisitions à Courtrai, à deux pas de la frontière française.

- 2.000 à 3.000 Européens en Syrie -

Mehdi Nemmouche présente un profil de délinquant multirécidiviste, en rupture sociale. Mais à en croire ses proches et son ancienne avocate, il ne semblait pas particulièrement porté sur la religion. Quand il sort de sa dernière détention, en décembre 2012, il est signalé comme s'étant radicalisé. Trois semaines plus tard, il part via Bruxelles en Syrie, où il rejoint les rangs de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe ultra-radical accusé de volonté hégémonique et des pires atrocités à l'égard des civils, des militants pacifistes et des rebelles.

Le Français reste plus d'un an en Syrie, avant de revenir via l'Asie en Europe. Repéré à Francfort, il est signalé aux Français le 18 mars.

Selon les estimations des services de renseignement, ils sont entre 2 et 3.000 Européens à s'être rendus en Syrie. En France, ils seraient environ 800 à être allés combattre, à être revenus ou à envisager d'aller en Syrie. Environ 300 y sont toujours.

"Nous n'avons jamais été confrontés à un tel défi (...) C'est sans doute la menace la plus importante", a estimé mardi le Premier ministre français Manuel Valls. "Il s'agit de surveiller des centaines et des centaines d'individus français ou européens qui aujourd'hui combattent en Syrie".

Mardi, le parquet fédéral de Belgique a annoncé l'arrestation à la demande de la France et le placement en détention d'un Français de 23 ans, Cédric Vuillemin. Arrêté lundi à Schaerbeek, une commune déshéritée de la périphérie de Bruxelles, l'homme, soupçonné d'être lié à des filières de recrutement jihadiste, est dans l'attente de son extradition vers la France.

Les autorités françaises avaient aussi arrêté lundi quatre autres hommes soupçonnés d'être liés à ces filières de recrutement, dans le sud de la France.

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