POLITIQUE

Transports Canada a des lacunes dans son système de sécurité

03/06/2014 07:48 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT
Getty Images via Getty Images
IN FLIGHT - APRIL 21: After eight hours on patrol in search of icebergs, Coast Guard Lieutenant Andrew Gorman pilots the C-130 Herculese Aircraft towards Saint John's, Newfoundland April 21, 2003 in the north Atlantic Ocean. Gorman and 15 other Coast Guard personnel are part of the International Ice Patrol, which flies over the north Atlantic searching for icebergs every other week during iceberg season, which is from February to July. The crew records the iceberg's shape, size and location in an effort to prevent collisions between ships and icebergs. The patrol, organized by the U.S. Coast Guard and supported by 18 nations, has searched the waters since the year following the Titanic disaster. (Photo by Harry Gerwin/Getty Images)

Transports Canada a de la difficulté à respecter le Système de gestion de sécurité qui est imposé à toutes les compagnies aériennes au Canada, un programme d'autosurveillance qui doit permettre d'éviter les problèmes sérieux et les accidents. C'est ce qu'indiquent des documents obtenus par Radio-Canada.

Un texte de Daniel Thibeault

Un rapport d'inspection commandé par Transports Canada après l'écrasement d'un de ses hélicoptères dans le Grand Nord en septembre 2013 est particulièrement accablant. L'incident a fait trois morts. 

« On dit que les pilotes ont été mal entraînés ou qu'il manque d'entraînement et que c'était majeur », résume le président de l'Association des pilotes fédéraux du Canada, Daniel Slunder. On note aussi des lacunes aussi dans les préparatifs, la gestion des équipages et les procédures de vols au-dessus de l'eau ou de terrains glacés. Des problèmes souvent majeurs qui ont été identifiés dans certains cas dès 2011.

Pour le président de l'Association des pilotes fédéraux, c'est assez pour menacer de suspendre les activités.

« Pour moi, c'est inquiétant. Si on n'est pas capable de corriger comment le Système de gestion de la sécurité est censé nous aider à appliquer les corrections et à en finir une fois pour toutes? Ça ne peut pas fonctionner. Il y a un problème », dit M. Slunder. 

Le Système de gestion de la sécurité (SGS) a été implanté au Canada depuis 2008. Il s'agit d'une base de données que doit maintenir chaque transporteur aérien et où sont répertoriés les problèmes de sécurité et les solutions mises de l'avant.

Pour donner l'exemple, Transports Canada a décidé de l'appliquer à sa propre flotte d'appareil, soit quelques avions et les hélicoptères de la garde côtière canadienne. Or, Ottawa semble avoir beaucoup de difficulté à respecter ses propres règlements.

« S'ils ne sont pas capables de régler les problèmes au niveau du gouvernement ou les deux côtés s'entendent encore assez bien, comment est-ce que ça peut fonctionner à l'extérieur du gouvernement avec d'autres compagnies ? » lance David Slunder. 

Les faiblesses du SGS sont d'ailleurs montrées du doigt par le Bureau de la sécurité des transports du Canada, dans son rapport sur l'écrasement d'un avion de la First Air qui avait fait 12 morts près de Resolute Bay en août 2011.

Deux autres équipages avaient déjà rencontré des problèmes similaires à celui qui a causé l'écrasement. Or, le Système de gestion de la sécurité de la compagnie n'en faisait aucune mention.

Le syndicat des pilotes fédéraux blâme les compressions imposées par le gouvernement fédéral et réclame le retour à des inspections régulières en entreprises et dans les avions. « Avec toutes les meilleures intentions, on peut toujours introduire des problèmes dans les systèmes, sans la deuxième paire d'yeux pour regarder ce qu'on fait, on peut introduire des lacunes qui peuvent mener à des accidents », dit Daniel Slunder. 

Par courriel, Transports Canada souligne que depuis l'enquête, un plan de mesures correctives a été mis au point, validé et entièrement mis en oeuvre. Le ministère indique aussi que le taux d'accident demeure extrêmement bas, malgré une augmentation du trafic aérien.

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