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Russie: le droit de manifester menacé de disparition (Amnesty)

03/06/2014 07:28 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

Le droit de manifester risque de disparaître en Russie avec la nouvelle législation et l'intransigeance des autorités face aux opposants, estime Amnesty International dans un nouveau rapport publié mardi à Moscou.

"Avec la répression croissante engagée ces derniers mois contre ceux qui critiquent le gouvernement ou expriment des voix dissidentes, le droit de manifester risque de disparaître en Russie", affirme le rapport qui analyse les changements législatifs et politiques en Russie depuis le début du troisième mandat du président Vladimir Poutine, en 2012.

"L'intransigeance des autorités face à la vague de manifestations qui a eu lieu à Moscou en février et en mars 2014 a montré combien il était devenu difficile et dangereux d'organiser des manifestations et d'y participer. Le droit à la liberté de réunion est depuis longtemps restreint en Russie, mais il risque aujourd'hui de disparaître totalement", a déclaré Denis Krivocheev, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International, cité dans un communiqué.

Le nouveau rapport dénonce l'interdiction arbitraire des manifestations, la dispersion violente et l'arrestation arbitraire des manifestants, et l'incapacité des tribunaux à faire respecter le droit à la liberté de réunion.

En février et mars au moins sept manifestations sur dix à Moscou ont été dispersées par la police, qui a arrêté plus d'un millier de manifestants pacifiques. Des centaines d'entre eux ont reçu de lourdes amendes et plus d'une dizaine ont été condamnés à plusieurs jours de détention à l'issue de procès inéquitables, selon Amnesty.

Les forces de l'ordre qui jouissent d'une impunité quasi-totale en cas de recours abusif à la force ont laissé à plusieurs reprises des contre-manifestants intimider voire agresser physiquement des manifestants avant leur dispersion, selon l'ONG.

"Il apparaît de plus en plus clairement que les autorités russes cherchent à exercer un contrôle total sur l'utilisation de l'espace public et sur les opinions qui peuvent y être communiquées ou exprimées et que les tribunaux du pays n'ont pas la capacité ou la volonté de résister à cette tendance", a conclu Denis Krivocheev.

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