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RDC: il faut "maintenir la menace militaire" sur les rebelles hutu rwandais (Kobler)

03/06/2014 07:09 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

Le chef de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo, Martin Kobler, a estimé mardi qu'il était "important" de "maintenir la menace militaire" sur les rebelles hutu rwandais, dont une faible partie a fait reddition vendredi dans l'est congolais.

La Monusco et la communauté internationale vont soutenir le "processus de reddition" des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et sont prêtes à leur laisser "un peu de temps" pour se rendre, mais à terme la reddition doit être "crédible, totale", a insisté M. Kobler.

Concomitamment, il est "important de maintenir la menace militaire" contre les FDLR, a-t-il précisé, s'exprimant dans une conférence de presse avec les envoyés spéciaux pour la région des Grands Lacs de l'ONU, de l'Union Africaine, de l'Union européenne et des Etats-Unis.

Les envoyés spéciaux espèrent d'autres redditions, "mais nous sommes aussi d'accord que c'est nécessaire aussi d'avoir l'option militaire parce que c'est un problème qui a duré trop longtemps", a souligné Mary Robinson, chargée des Grands Lacs pour l'ONU.

Les FDLR sont accusées d'avoir participé au génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda, qui a fait au moins 800.000 morts, selon l'ONU. Elles comptent entre 1.500 et 4.000 hommes, selon les sources, et sont particulièrement actives dans les Nord- et Sud-Kivu, où elles sont accusées de graves exactions contre les civils (viols, meurtres, pillages, enrôlements d'enfants-soldats...).

Vendredi au Nord-Kivu, près de 100 hommes se sont rendus mais aucun des chefs recherchés par la justice nationale ou internationale. Au Sud-Kivu, les redditions n'ont pas pu commencer vendredi pour des raisons logistiques, ont expliqué les FDLR.

"On envoie une délégation du gouvernement demain (mercredi) pour booster, (...) donner du tonus" aux services impliqué dans la démobilisation des FDLR, a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

Kinshasa espère la reddition que 1.400 rebelles d'ici fin juin. Les récalcitrants s'exposeront à des attaques de l'armée et des Casques bleus, et les rendus pourront choisir de "retourner au Rwanda ou demander asile", d'après le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku.

"Je n'ai pas d'inquiétude sur la volonté du Rwanda d'accueillir" des ex-FDLR car "ils l'ont fait depuis de nombreuses années", a expliqué Russell Feingold, des Etats-Unis, racontant avoir rencontré au Rwanda d'anciens combattants qui voulaient devenir "boulanger" ou encore "agriculteur".

Les envoyés spéciaux sont arrivés lundi à Kinshasa pour évaluer le rétablissement de la paix dans l'est de la RDC, et plus largement dans la région des Grands Lacs. Ils ont notamment rencontré le président Joseph Kabila, des ministres, des opposants et la société civile.

hab/mf

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