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Une pénurie de médicament entraîne 100% d'augmentation des coûts

03/06/2014 02:09 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT
Image Source via Getty Images

Un groupe d'établissements de santé, notamment de la grande région de Montréal, fait face à une augmentation de 100% des coûts d'un médicament en raison d'une pénurie.

Le Paclitaxel est utilisé auprès des patients souffrant de cancer tel que les cancers du poumon, du sein et des ovaires. C'est un médicament donné par injection, lors de traitements de chimiothérapie.

Normalement, une fiole de ce médicament coûte au minimum 42 $. Or, en raison de l'incapacité de Biolyse Pharma Corp., un fournisseur de l'Ontario, à honorer le contrat qui le lie à un groupe d'hôpitaux du Québec, ces hôpitaux doivent s'approvisionner auprès d'un autre fournisseur, Hospira. Ce dernier facture jusqu'à 4000 $ la fiole.

Le président Bertrand Bolduc de l'Ordre des pharmaciens du Québec dénonce cette situation : « Évidemment [ le fournisseur] en profite un peu, c'est clair », a déclaré M. Bolduc lors d'une entrevue diffusée au Téléjournal de Radio-Canada.

Les patients n'en paient pas le prix

Bertrand Bolduc se fait néanmoins rassurant : le médicament demeure disponible pour les patients qui en ont besoin. « C'est le prix qui change », de dire M. Bolduc. Résultat : la hausse des coûts auxquels les hôpitaux font face pourrait se chiffrer à des millions de dollars si la pénurie de Paclitaxel devait se prolonger pendant des mois.

La pénurie s'explique ainsi : au début du mois d'avril, des inspecteurs de Santé Canada ont visité l'usine du fournisseur ontarien Biolyse Pharma Corp, à St Catharines en Ontario, ce qui constitue « un épisode extrêmement rare », de l'avis du président de l'Ordre des pharmaciens du Québec.

En raison d'anomalies dans la chaîne de production, les inspecteurs ont suspendu temporairement les activités de Biolyse Pharma Corp. Un groupe d'hôpitaux québécois se sont alors tournés vers Hospira, avec lequel ils n'avaient, au préalable, conclu aucune entente.

Normalement, dans de telles situations, le fabricant qui occasionne la pénurie comble le manque à gagner pour ses clients qui sont pénalisés, explique en substance Bertrand Bolduc. Mais Biolyse Pharma Corp « est un petit fabricant qui ne sera pas en mesure de payer la différence de prix », affirme le président de l'Ordre des pharmaciens.

Des pistes de solution

Pour remédier à ce genre de situation, l'Ordre des pharmaciens du Québec réclame l'adoption, par Santé Canada, d'une loi qui obligerait les fabricants à révéler à l'avance les problèmes auxquels ils font face, de sorte que les hôpitaux puissent avoir le temps de trouver une solution de rechange.

Autre mesure, qui serait utile lors d'appels d'offres : « Faire plusieurs gagnants plutôt qu'un seul, suggère Bertrand Bolduc. Certes, les contrats coûteraient un peu plus cher au départ, mais on aurait l'assurance d'avoir les médicaments ».

À l'Ordre des pharmaciens du Québec, on n'est pas en mesure d'identifier les hôpitaux qui sont frappés de plein fouet par cette pénurie. Les hôpitaux négocient l'achat de leurs médicaments en groupe et il y a, dans tout le Québec, cinq ou six groupes d'approvisionnement. Selon le quotidien The Gazette, l'Hôpital général juif de Montréal et l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont sont du nombre des établissements affligés d'une pénurie de Paclitaxel.

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