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Obama va rencontrer à Varsovie le président élu ukrainien Porochenko

03/06/2014 10:00 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

Le président Barack Obama doit rencontrer mercredi à Varsovie le président élu ukrainien pro-occidental Petro Porochenko, un deuxième geste fort américain en direction de Kiev après avoir proposé la veille un milliard de dollars pour la sécurité en Europe de l'Est.

M. Porochenko effectue à Varsovie son premier déplacement à l'étranger depuis son élection le 25 mai, alors que les violences se poursuivent en Ukraine.

En signe de soutien fort au nouveau régime à Kiev, une aide militaire américaine à l'Ukraine pourrait être évoquée lors de la rencontre des deux dirigeants.

En fin de matinée, M. Obama doit rejoindre une dizaine de chefs d'Etat d'Europe centrale et orientale réunis à Varsovie pour assister aux cérémonies du 25e anniversaire des premières élections démocratiques en Pologne, ancien pays du bloc soviétique.

Des célébrations qui prennent une résonance particulière avec la crise entre Moscou et l'Occident à la suite de l'annexion de la Crimée.

Le président français François Hollande doit de son côté arriver mercredi en fin de matinée à Varsovie où il doit également rencontrer M. Porochenko dans l'après-midi.

Le plan de sécurité à un milliard de dollars annoncé mardi par Obama, "une initiative pour rassurer l'Europe", doit encore être approuvée par le Congrès. Il prévoit le déploiement de nouvelles forces américaines, terrestres, aériennes et navales, en Europe de l'Est.

Le président américain a également exhorté mardi à Varsovie les pays membres de l'Otan à accroître leurs propres dépenses militaires.

A Bruxelles, les ministres de la Défense des pays de l'Otan ont salué ce plan de sécurité et se sont accordés mardi sur des mesures supplémentaires pour rassurer, sur le long terme, les pays alliés d'Europe de l'est inquiets de la crise ukrainienne et de la politique de la Russie.

Le chef de l'Etat américain a par ailleurs appelé la Russie à "user de son influence" auprès des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine pour obtenir l'arrêt de leurs attaques contre les troupes gouvernementales, avertissant que toute nouvelle "provocation" russe en Ukraine pourrait entraîner de nouvelles sanctions économiques.

Il a estimé que ses efforts pour restaurer la confiance avec Moscou ont été rendus inutiles par les agissements du président russe Vladimir Poutine en Ukraine. "Il est juste de dire que la reconstruction de la confiance prendra un certain temps", a-t-il commenté.

Les forces ukrainiennes ont intensifié mardi leur offensive contre les séparatistes autour du bastion prorusse de Slaviansk, donnant lieu à des échanges de tirs nourris qui ont tué deux soldats et en ont blessé 42, selon Kiev.

L'offensive lancée depuis près de deux mois par Kiev a fait plus de 200 morts parmi les insurgés, les forces ukrainiennes et la population civile.

L'Otan a cependant indiqué que la Russie avait retiré la plupart des quelque 40.000 soldats qu'elle avait massés près de la frontière avec l'Ukraine et que ceux qui restaient se préparaient à partir.

Après les affrontements entre gardes-frontières et séparatistes prorusses à Lougansk, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé un "crime" des autorités de Kiev "contre leur propre peuple".

Les Etats-Unis ont de leur côté affirmé détenir des "preuves" selon lesquelles Moscou continuait à laisser passer des "combattants" et des "armes" dans l'est de l'Ukraine.

La Russie a toujours rejeté les accusations sur son implication dans la déstabilisation de l'Ukraine et exige que Kiev cesse son "opération punitive" dans l'Est.

La visite de M. Obama en Pologne sera suivie d'un sommet du G7 à Bruxelles, mercredi soir et jeudi, convoqué après la décision des Occidentaux d'annuler le G8 de Sotchi (sud de la Russie) et de suspendre la Russie de ce groupe à la suite du rattachement de la Crimée à son territoire.

Vendredi auront lieu les célébrations du 70e anniversaire du débarquement en Normandie (ouest de la France), auxquelles M. Hollande a invité son homologue russe Vladimir Poutine.

En Normandie, Obama va donc retrouver Poutine. Les responsables américains ont cependant souligné que contrairement au président Hollande, au Premier ministre britannique David Cameron et à la chancelière allemande Angela Merkel, Obama n'accordera pas à son homologue russe l'honneur d'un entretien en tête-à-tête bien que les deux hommes aient déjà eu l'occasion de s'entretenir plusieurs fois au téléphone depuis le début de la crise ukrainienne.

En revanche, le secrétaire d'Etat américain John Kerry rencontrera son homologue russe Sergueï Lavrov jeudi à Paris, a indiqué Jennifer Psaki porte parole du Département d'Etat.

Pour sa part, le président François Hollande dînera jeudi soir avec Barack Obama dans un restaurant parisien avant de souper dans la foulée au palais de l'Elysée avec Vladimir Poutine.

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