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Mondial-2022: Bin Hammam au coeur du scandale

03/06/2014 10:22 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

Radié à vie de la Fifa en 2012, Mohamed Bin Hammam, le flamboyant et ambitieux homme d'affaires du Qatar, accusé d'avoir monnayé l'attribution du Mondial-2022, avait été longtemps le patron incontesté du football asiatique et rêvé de remplacer Joseph Blatter à la tête de la Fédération internationale.

Son nom a été souvent cité dans les affaires d'achat de voix, que ce soit pour l'élection à la Confédération asiatique de football (AFC), qu'il a dirigée, ou pour l'attribution de la plus prestigieuse des manifestations sportives, la Coupe du monde de football.

Dimanche, le Sunday Times est revenu à la charge contre Bin Hammam. L'hebdomadaire britannique a affirmé, à la suite d'une enquête, que l'ancien haut responsable du football qatari a versé plus de cinq millions de dollars pour obtenir le soutien de plusieurs représentants du football international à la candidature du Qatar pour le Mondial-2022.

Le Qatar a rapidement nié toute irrégularité dans l'attribution de cette Coupe du monde, sans dissiper totalement les soupçons, d'autant plus que le Sunday Times dit disposer de millions de courriels et d'autres documents attestant de présumés versements d'argent effectués par Bin Hammam, alors membre exécutif de la Fifa pour le Qatar.

L'intéressé n'a pas réagi, préférant garder le silence auquel il s'est astreint depuis qu'il a été reconnu coupable de corruption par le comité d'éthique de la Fifa et suspendu à vie en 2012.

Au faîte de sa puissance, cet homme né à Doha en 1949 et qui a gravi les échelons du sport local -- il a été président de la Fédération de football du Qatar de 1991 à 1996 -- avant de régner pendant neuf ans sur le football asiatique a osé défier en 2011 Joseph Blatter, qu'il a voulu remplacer à la tête de la Fifa.

Il a fini par jeter l'éponge en retirant sa candidature peu avant l'élection. Attitude étrange car il avait jusque-là été très combatif, allant jusqu'à demander et obtenir une procédure disciplinaire, pour corruption, contre le patron de la Fifa.

Il avait notamment accusé M. Blatter de n'avoir pas réagi à des informations sur des paiements qui auraient été faits à des membres de l'Union caribéenne de football.

Le magazine France Football avait alors évoqué un marché entre les deux hommes.

Le Suisse avait alors dit ne pas écarter la possibilité d'un nouveau vote pour l'attribution de la Coupe du monde de football de 2022 au Qatar à la suite de soupçons de corruption.

- Accusations de corruption -

Il aurait, toujours selon France Football, abandonné cette procédure contre le retrait de Bin Hammam de la course à la présidence de la Fifa.

Mohamed Bin Hammam avait été l'homme fort de la candidature du Qatar à la Coupe du monde même si le Comité d'organisation dit avoir eu à le convaincre, tout comme les autres membres du Comité exécutif de la Fifa, de la solidité de son dossier.

Cet homme, que l'une de ses connaissances décrit comme "calme et sûr de lui-même", troquait souvent l'habit traditionnel du Golfe, une robe blanche, pour un costume cravate et était très à l'aise dans les rencontres internationales.

Il a défendu aux quatre coins du monde la candidature du Qatar pour 2022.

Sa gestion de l'AFC, qu'il a présidée de 2002 à 2011, a été entachée d'accusations de corruption, notamment celles d'avoir enrichi sa famille et des partisans avec l'argent de la Fédération.

Il s'en est défendu en affirmant avoir donné à des dirigeants du monde du football et d'autres personnes de l'argent provenant de comptes personnels, et non de ceux de l'AFC.

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