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Les inégalités et la discrimination au menu de l'Assemblée de l'OEA au Paraguay

03/06/2014 11:59 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

La lutte contre la pauvreté s'impose à l'agenda de la 44e Assemblée générale de l'Organisation des Etats américains (OEA), qui s'ouvre mardi au Paraguay, pays où à l'instar du reste de l'Amérique latine la croissance économique n'a pas encore permis d'en terminer avec les inégalités.

"L'Amérique est l'endroit le plus riche, l'Amérique est un endroit avec moins de pauvres, l'Amérique continue d'être un endroit injuste", a résumé lundi José Miguel Insulza, le secrétaire général de l'Organisation qui regroupe tous les pays du continent américain, excepté Cuba.

Cette Assemblée générale, où une trentaine de ministre des Affaires étrangères sont attendus, le chiffre le plus élevé depuis 2009, se déroule mardi et mercredi à Asuncion.

Depuis une décennie, portée par la flambée des prix des matières premières, l'Amérique latine vit une période faste qui a conduit des millions de personnes à intégrer la classe moyenne.

Toutefois, le sous-continent comptait encore en 2013 environ 164 millions de personnes en situation de pauvreté (27,9% de la population), dont 68 d'indigents (11,5% des habitants), selon un rapport de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepal) des Nations unies.

Selon M. Insulza, la pauvreté a diminué de 60% ces dernières années dans la région.

"Mais malgré ces progrès, nous ne sommes pas parvenus à réduire le problème des inégalités", a-t-il ajouté, soulignant la situation de "vulnérabilité" d'un large pan de la population latino-américaine.

Avec une croissance économique de 14% et un taux de pauvreté de l'ordre de 35% de ses sept millions d'habitants, le Paraguay illustre à ce titre particulièrement bien la situation prévalant dans la région.

L'exclusion dont souffrent les minorités - sexuelles, ethniques - sera également à l'ordre du jour de cette assemblée.

"Les inégalités ne dépendent pas seulement des revenus mais sont aussi liées au genre, à la race, à la classe sociale et a également à voir avec l'âge, car il y a beaucoup plus de jeunes sans travail que d'adultes sans travail", a relevé M. Insulza.

La discrimination contre les homosexuels, notamment, anime les débats au sein de l'organisation. Alors que les unions civiles ou le mariage entre personnes de même sexe progressent dans la région, certains pays trainent des pieds.

La semaine dernière, le Paraguay a ainsi refusé de soutenir une déclaration portée par le Brésil, avec le soutien de l'Argentine, de la Colombie, des Etats-Unis et de l'Uruguay, pour condamner les violences contre les homosexuels et exhorter les Etats à prendre des mesures contre la discrimination.

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