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France: Mario Sandoval va contester en cassation son extradition vers l'Argentine

03/06/2014 09:57 EDT | Actualisé 03/08/2014 05:12 EDT

Le Franco-Argentin Mario Alfredo Sandoval, soupçonné d'avoir été un tortionnaire durant la dictature argentine, s'est pourvu lundi en cassation contre l'avis favorable à son extradition rendu la semaine dernière par la justice française, a appris mardi l'AFP de source judiciaire.

La cour d'appel de Paris a rendu le 28 mai un avis favorable à la demande de la justice argentine de lui livrer cet ancien policier de 61 ans, qui dispose de la nationalité française acquise après son arrivée dans le pays dans les années 1980.

S'il devait finalement être extradé, il devrait répondre devant un tribunal argentin du rapt le 30 octobre 1976 d'Hernan Abriata qui ne devait plus jamais donner signe de vie.

Le portrait de cet étudiant en architecture avait été brandi en fin d'audience par des militants qui, pendant que Sandoval sortait sans un mot, ont scandé "Hernan Abriata, presente! Ahora y siempre!" (ndlr: "Hernan Abriata, présent! Maintenant et toujours!").

Mais même en cas de confirmation en cassation, le processus ne sera pas terminé, l'arrêt de la cour d'appel étant un avis. L'extradition elle-même sera déclenchée par un décret du Premier ministre, lui-même susceptible d'un recours devant le Conseil d'Etat.

Devant la cour d'appel en avril, Sandoval, reconverti en consultant dans le domaine du renseignement, qui s'est installé en France après la chute de la dictature en 1983, s'était dépeint comme une victime d'une "chasse à l'homme".

Il avait dénoncé "une procédure entachée d'illégalité" visant à la "fabrication d'un coupable", usant du "mensonge", d'"acharnement", de "désinformation". "Je ne suis pas la personne que vous cherchez", avait-il affirmé, évoquant longuement une ténébreuse thèse du complot.

Les faits reprochés par l'Argentine à ce petit homme sec, impassible, se seraient déroulés à l'École de mécanique de la marine (Esma). De ce centre de torture emblématique de la dictature ont disparu quelque 5.000 personnes, souvent jetées depuis des avions dans le Rio de la Plata.

Environ 600 centres de détention clandestins ont été utilisés en Argentine, dans lesquels ont disparu la majorité des 30.000 victimes de la dictature, selon des chiffres d'ONG.

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