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Les écoles alternatives de plus en plus populaires

03/06/2014 08:29 EDT | Actualisé 03/06/2014 08:30 EDT
ICI Radio-Canada.ca

Les projets d'écoles alternatives ont le vent dans les voiles au Québec. Retour sur l'exemple du quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal, et sur les motivations des parents à l'origine de ce projet.

Charles-Lemoyne est une école brune, dont la cour est traversée par une voie ferrée. Pauvreté, problèmes sociaux... l'école de Pointe-Saint-Charles semble sortie tout droit d'une version 2014 du roman Bonheur d'occasion. Mais des parents allumés et scolarisés ont décidé de vivre dans ce quartier traditionnellement défavorisé et ouvrier et de transformer, un peu, l'école publique du coin.

Pendant des années, quelques mères et un père cogitent. Le groupe fait des lectures. Très inspirés par ce que les Américains appellent la Forest School, c'est-à-dire l'école en plein air, ils réussissent à convaincre la Commission scolaire de Montréal (CSDM) de donner le feu vert à un volet alternatif au sein de leur école de quartier. Les enfants qui y sont inscrits seront donc scolarisés vers l'extérieur, puisqu'une partie de l'apprentissage se fait dehors, soit dans les parcs et dans la cour d'école, où on a installé un jardin.

Inauguré en septembre dernier, le volet alternatif remporte un vif succès. La demande est tellement forte que l'on ouvrira deux autres classes l'an prochain. À Pointe-Saint-Charles, c'est une excellente nouvelle, puisqu'autrement ces enfants seraient probablement allés ailleurs, dans des écoles moins défavorisées.

L'histoire de Charles-Lemoyne incarne bien le début d'une tendance. Le courant des écoles alternatives a été très présent au Québec dans les années 1970 et au début des années 1980. Mais ça faisait 25 ans qu'à la CSDM on n'avait pas vu l'ouverture d'une nouvelle école alternative. Pourquoi? Si les listes d'attente des écoles alternatives publiques existantes débordaient, il n'y avait pas eu de nouveaux projets déposés par les parents.

Car l'école alternative doit naître d'un projet de parents et être acceptée par la commission scolaire. Or, depuis deux ans, une dizaine de projets sont en gestation au Québec, dont cinq sur l'île de Montréal.

Ces initiatives ont toutes en commun cette couleur verte. Les parents désirent que les enfants développent un meilleur contact avec la nature et, de ce fait, qu'ils bougent plus que ce qui est prévu aujourd'hui dans les écoles normales.

Écoles alternatives

Nombre au Québec : 31 (28 au primaire, 3 au secondaire)

Nombre à Montréal : 10

Nouveaux projets à Montréal : 5 (dont une école à Rosemont, qui ouvrira à la rentrée 2015)

Nombre d'élèves : 6711

Nombre total d'élèves scolarisés dans le réseau public au Québec : 869 169

Les parents qui portent ce genre d'initiative ont des profils plutôt semblables : scolarisés, sensibles à l'écologie, travailleurs autonomes dans beaucoup de cas. Car il faut du temps pour inscrire ses enfants dans un projet alternatif. À la base du concept, les parents sont présents à l'école, donnent des cours, font du bénévolat, etc.

À quoi correspond cette nouvelle tendance, ce nouveau désir de l'alternatif? Est-ce un désaveu de l'école publique? Un besoin de retour vers la nature et l'exercice? Difficile de cerner exactement ce qui motive ces parents à investir autant d'heures dans ces projets. Une chose est certaine par ailleurs : leur démarche n'est pas simple.

À Montréal, le baby-boom d'il y a six ans se concrétise maintenant dans les salles de classe, et la CSDM manque dangereusement de place et d'argent. Ce qui met la commission scolaire entre l'arbre et l'écorce.

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