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Ukraine: l'Otan et la Russie reprennent le dialogue, sans changer de positions

02/06/2014 10:15 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

L'Otan et la Russie ont repris lundi le dialogue, à l'occasion d'une réunion des ambassadeurs à Bruxelles, mais sans parvenir à surmonter leurs profondes divergences sur la crise ukrainienne, selon l'Alliance et des sources diplomatiques.

Le Conseil Otan-Russie s'est réuni lundi pour la première fois depuis le rattachement de la Crimée à la Russie, à "la demande de l'ambassadeur russe" Alexandre Grouchko, a indiqué Oana Lungescu, la porte-parole de l'Otan.

"Cette réunion n'a certes pas été facile, mais elle était bien nécessaire", a réagi le secrétaire-général de l'Otan Anders-Fogh Rasmussen. "Nous considérons depuis longtemps que le Conseil Otan-Russie est un forum +tout temps+. Et franchement, le climat actuel n'est pas bon. Pas par la volonté de l'Otan, mais à cause de l'agression illégale de la Russie contre l'Ukraine", a-t-il ajouté.

"L'échange de vue a été très franc", a précisé Mme Lungescu, tandis qu'un diplomate soulignait que chaque partie avait "fermement campé sur ses positions".

Face à ses homologues, M. Grouchko a réaffirmé que l'Otan portait "une partie de la responsabilité de l'escalade des tensions" en "encourageant" l'Ukraine à poursuivre "son opération militaire" dans l'est du pays.

Pour M. Rasmussen, "toutes les mesures que l'Otan prend sont défensives, modérées, proportionnées, transparentes" et "ne constituent pas une menace pour la Russie".

La tenue de ce Conseil Otan-Russie, une instance de consultation et coopération lancée en 2002, a été la première depuis que l'Otan a décidé, le 1er avril, de suspendre sa coopération pratique avec la Russie, tout en maintenant le dialogue politique.

L'ambassadeur Grouchko avait alors dénoncé le recours à "des méthodes de la Guerre froide" par l'Alliance.

L'Ukraine va être l'un des principaux sujets de la réunion des ministres de la Défense de l'Otan, dont l'Américain Chuck Hagel, qui se tiendra mardi et mercredi à Bruxelles.

Les ministres vont "analyser les mesures de réassurance pour renforcer" la défense des pays d'Europe de l'est proches de l'Ukraine, comme les pays baltes et la Pologne, et "les conséquences à long terme de l'agression russe contre l'Ukraine", selon Mme Lungescu.

Ils discuteront notamment du renforcement du Corps multinational du Nord-Est (de l'Europe) composé de trois pays (Danemark, Allemagne et Pologne) et basé dans le port polonais de Szczecin, sur la Baltique.

Moscou estime que le déploiement de troupes alliées à proximité de la Russie enfreint l'Acte fondateur de 1997 qui établit les relations entre la Russie et l'Otan.

Les ministres de la Défense débattront également des décisions à prendre au sommet de l'Otan qui se tiendra début septembre au Pays de Galles.

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